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Bush rappelle Moucharraf à l'ordre

Radio-Canada

Le président américain presse son homologue pakistanais de rétablir rapidement la démocratie et de mettre fin à l'état d'urgence, pendant que la police pakistanaise réprime violemment les premières manifestations.

Le président américain George W. Bush a fermement appelé lundi son allié et homologue pakistanais Pervez Moucharraf à mettre fin à l'état d'urgence et à « rétablir la démocratie aussi vite que possible ».

« Nous souhaitons qu'il y ait des élections aussi vite que possible, et que le président quitte son uniforme militaire », a déclaré M. Bush à l'issue d'un entretien avec le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

Le président Bush n'a cependant pas indiqué ce qu'il ferait au cas où Pervez Musharraf refuserait de mettre fin à ses mesures d'exception. Il s'est aussi gardé de dire s'il suspendrait l'aide américaine au Pakistan.

Washington a accordé quelque 11 milliards de dollars au Pakistan en aide financière et militaire depuis 2001. La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, avait déjà menacé de réduire cette aide, au lendemain de l'instauration de l'état d'urgence.

Pour M. Bush, les pouvoirs d'urgence dont s'est arrogé M. Moucharraf « sapent la démocratie », mais il a décrit son allié comme un « leader fort » dans le cadre de la guerre contre le terrorisme.

Washington craint qu'en tombant, le régime Moucharraf ne soit remplacé par un régime islamiste radical qui ne se gênerait pas pour appuyer ouvertement les talibans que les forces occidentales peinent à combattre dans l'Afghanistan voisin.

De leur côté, les autorités pakistanaises se sont voulues rassurantes. Le président Moucharraf s'est entretenu lundi avec des ambassadeurs étrangers en poste au Pakistan pour leur expliquer à quel point, selon lui, le système législatif avait paralysé l'État et affaibli la lutte contre le terrorisme.

De son côté, le premier ministre pakistanais Shaukat Aziz a déclaré, sur les ondes d'un média contrôlé par son gouvernement, que les élections seront tenues comme il avait été prévu, en janvier prochain. Dimanche, il avait laissé entendre qu'il pourrait y avoir un report d'un an des élections législatives prévues en janvier 2008. Ces élections visent à renouveler le Parlement et les assemblées provinciales.

La répression s'abat

Lundi, au troisième jour de l'état d'urgence, la liberté de presse continue à être bafouée à travers le pays, le gouvernement pakistanais bloquant la transmission de tous les journaux télévisés qu'il ne contrôle pas.

En outre, les rues de plusieurs villes pakistanaises sont devenues le théâtre de violents affrontements entre l'appareil sécuritaire du général Moucharraf et des milliers d'avocats.

À Lahore, dans l'est du pays, les policiers ont lancé des grenades lacrymogènes contre un millier d'avocats réunis pour réclamer le retour de l'État de droit. D'autres manifestations se sont aussi déroulées dans les grandes villes pakistanaises que sont Islamabad et Karachi.

Les observateurs estiment que plusieurs centaines de manifestants ont été arrêtés par les policiers. Environ 1500 personnes ont été arrêtés ou placés en résidence surveillée depuis samedi.

Les avocats occupent un rôle de premier plan dans la politique pakistanaise depuis mars dernier, après avoir pris la tête d'un mouvement de protestation contre la suspension temporaire du président de la Cour suprême, Iftikhar Chaudhry.

Ce dernier a été révoqué samedi par le régime Mucharraf, qui s'est empressé de le remplacer par le juge Hameed Dogar. Iftikhar Chaudhry devait se prononcer d'ici quelques jours sur la légalité de l'élection de Pervez Moucharraf au scrutin indirect, le 6 octobre dernier. Dans l'intervalle, le juge Chaudhry a déclaré le décret présidentiel inconstitutionnel, mais en vain.

Le régime Moucharraf, au pouvoir depuis un coup d'État en 1999, a justifié l'instauration des mesures exceptionnelles par la multiplication des attentats islamistes au cours des derniers mois et par ce qu'il a décrit comme de l'ingérence du pouvoir judiciaire dans les prérogatives du gouvernement.

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