•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Taux de participation de 7,9 %

Radio-Canada

Après l'annonce d'un taux de participation à la baisse aux élections de dimanche, le gouvernement Charest lance un chantier de réflexion sur la démocratie scolaire. La Fédération des commissions scolaires réclame, elle, plus de pouvoirs.

Au lendemain d'élections scolaires marquées par un taux de participation anémique de 7,9 %, le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), André Caron, dit être conscient qu'un « vigoureux coup de barre pour dynamiser la démocratie scolaire » s'impose.

Il demande à Québec de décentraliser davantage de fonctions et de pouvoirs vers les commissions scolaires pour leur permettre de mieux répondre aux besoins et aux particularités de leur milieu respectif. Le rôle des commissions scolaires, dit-il en outre, doit être mieux défini.

M. Caron réclame aussi un nouveau pacte fiscal renouvelable aux cinq ans entre le gouvernement et les commissions scolaires et une rémunération accrue des élus scolaires. Il réitère enfin que les élections scolaires devraient avoir lieu en même temps que les élections municipales.

Ces propositions visant à renouveler la démocratie scolaire, dit-il, ont déjà été faites en mai dernier, à la suite de travaux amorcés en 2003. M. Caron explique que la FCSQ souhaitait que ces idées soient adoptées au printemps dernier, mais que l'élection est venue modifier ses plans. L'Action démocratique du Québec (ADQ), ajoute-t-il, a refusé une proposition visant à repousser les élections pour permettre que le plan soit adopté auparavant.

Lors d'un point de presse organisé lundi avant-midi, M. Caron a d'ailleurs fait plusieurs allusions au programme de l'Action démocratique du Québec, qui prônait l'abolition des commissions scolaires lors de la dernière campagne électorale. « Il faut, comme société, se donner les outils nécessaires pour accomplir efficacement ce mandat, plutôt que de s'embarquer dans des réductions simplistes et réductrices qui, en bout de piste, vont coûter plus cher aux contribuables et mettre en péril un des meilleurs systèmes d'éducation au monde. »

Sommé d'expliquer pourquoi le taux de participation était si faible, le président de la FCSQ a souligné que certains médias avaient incité la population à ne pas aller voter. Il admet tout de même que les commissions scolaires ont du travail à faire pour faire connaître leur travail. « Le taux de participation aux élections scolaires ne correspond pas à la valeur ni au rôle stratégique que jouent les élus scolaires et la commission scolaire dans leur milieu, non seulement dans le développement des jeunes, mais aussi dans le développement socio-économique du Québec », affirme-t-il.

Québec en réflexion

Malgré le faible taux de participation enregistré, la ministre de l'Éducation du Québec, Michelle Courchesne, refuse d'envisager l'élimination des commissions scolaires.

« Il faut certainement les actualiser, les moderniser. Il faut revoir peut-être les structures, il faut repenser au mode électif, voir comment on peut favoriser la démocratie scolaire - si c'est le choix que nous faisons. Mais il faut maintenir au Québec un réseau public », souligne-t-elle.

Dans un communiqué publié à 4 h 30 lundi, la ministre Courchesne avait annoncé le lancement d'un chantier de réflexion sur la démocratie scolaire. Justifié par la « diminution constante du taux de participation depuis les élections de 1998 », cet exercice doit permettre « d'explorer des voies de modernisation de la gouvernance scolaire pour mieux l'adapter aux attentes et aux exigences de la population ».

L'objectif est de favoriser une plus grande participation du public et d'assurer « la meilleure représentativité possible des élus scolaires », indique le communiqué du gouvernement, qui rappelle le « rôle primordial » des commissaires.

Selon M. Caron, cette réflexion s'appuiera en fait sur les propositions visant à renouveler la démocratie scolaire faites au gouvernement en mai dernier. Ces propositions, dit-il, sont déjà étudiées dans le cadre des travaux de la table Québec - Commissions scolaires.

Mme Courchesne affirme par ailleurs que le faible taux de participation est une réalité largement montréalaise. En Beauce, mentionne-t-elle, le taux de participation aux élections tenues dimanche a atteint 38 %.

Taux de participation anémique

Cette annonce de la ministre de l'Éducation survient quelques heures à peine après que les votes eurent été comptabilisés dans les 413 des 1305 circonscriptions électorales du Québec où des élections ont eu lieu dimanche.

Selon le ministère de l'Éducation, le taux de participation a atteint 7,9 %, soit 0,5 point de pourcentage de moins qu'en 2003.

Ce taux a diminué chez les francophones (7,2 % contre 8,1 % en 2003), mais a augmenté chez les anglophones (16,7 % contre 14,4 % il y a 4 ans). Quelque 879 candidats ont été élus sans opposition dans les 69 commissions scolaires du Québec qui appelaient les électeurs aux urnes.

Les commissaires scolaires, qui siègent environ une fois par mois, gèrent 2800 établissements qui ont un budget annuel total de près de 9 milliards de dollars. Ils sont notamment responsables de l'embauche du personnel et des services en adaptation scolaire.

Selon André Caron, les commissions scolaires du Québec ont de nombreux défis à relever à cours des prochaines années. Au nombre des dossiers d'importance, il cite la consolidation du renouveau pédagogique, la baisse marquée de la clientèle scolaire, le renouvellement important du personnel, la lutte au décrochage scolaire, l'augmentation du nombre de jeunes en formation professionnelle, la révision de l'offre de services offerts aux élèves en difficulté et la rénovation des établissements.

Aucun thème sélectionné