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Utopie ou réalité?

Radio-Canada

L'ancien codirecteur de l'urbanisme de la ville de Vancouver, Larry Beasley, défend l'idée d'une ville construite par les citoyens et pour les citoyens, en fonction d'un rêve collectif.

Où aimeriez-vous vivre? Travailler et vous divertir? Élever vos enfants et avoir une vie sociale?

Tout revient à cette question pour Larry Beasley, professeur à l'Université de la Colombie-Britannique et ancien codirecteur de l'urbanisme de Vancouver.

C'est donc la question qu'il a posée devant une salle bondée de l'École d'urbanisme de l'Université McGill, dans le cadre des Conférences en esthétique urbaine Brenda et Samuel Gewurz.

M. Beasley est l'un des acteurs de la transformation du coeur du centre-ville de Vancouver depuis 15 ans. Ce nouvel urbanisme est si étroitement associé à la métropole de la côte ouest qu'on le surnomme déjà « Vancouvérisme » ou « Modèle vancouvérois ». Larry Beasley a analysé ce modèle, lundi soir, pour les professeurs et les étudiants de l'institution montréalaise.

Chaque ville, sa vision

Cependant, le développement d'une ville pour le professeur Beasley ne se résume pas à ce qui s'est fait à Vancouver. En entrevue avec Radio-Canada.ca, il précise que chaque ville a une vision différente. Au coeur de cette vision, il y a le rêve des citoyens qui souhaitent faire de leur ville une cité remarquable pour le futur. L'expérience de Vancouver a réussi, précise M. Beasley, parce que des milliers et des milliers de citoyens se sont impliqués dans ce qu'il appelle la mission collective.

Cela commence par une contribution de chaque individu à l'environnement public. Si chaque individu apporte sa contribution, et si c'est fait en fonction de l'objectif final, alors on atteint des résultats extraordinaires.[[citation auteur="Larry Beasley" ]]

Larry Beasley défend ce type de développement des villes, qu'il appelle proactif. Il dénonce leur développement accidentel.

La coopération avant tout

Il ne cache pas que la réussite d'une ville repose sur la coopération entre les différents intervenants. Il existe une longue tradition d'affrontement entre les administrations municipales et les développeurs immobiliers, dit-il, et cela coûte très cher en temps et en argent.

Mais si vous trouvez le moyen d'amener l'administration d'une ville, les citoyens d'une ville et la communauté des développeurs d'une ville à travailler ensemble, alors le rêve commence à se réaliser.

Larry Beasley

Larry Beasley ajoute qu'il importe que ce soit l'administration municipale qui prenne le leadership de cette coopération. La raison: tous et chacun accepteront que la municipalité assume ce leadership. Elle doit le faire principalement en tendant la main aux citoyens, dit-il, et en travaillant avec eux à déterminer quels sont leurs vrais rêves.

Le maire peut avoir un rêve et les citoyens aussi. Et ces rêves peuvent être très différents.[[citation auteur="Larry Beasley" ]]

La diversité

L'autre facteur, c'est la diversité. Dans sa conférence, Larry Beasley parle de mixité sociale.

La ville design est inclusive. Dans chaque rue, chaque quartier, on retrouve des personnes de toutes les races, de toutes les origines sociales, de tous âges, des célibataires et des familles, des riches et des moins riches.

Pour Larry Beasley, la diversité à tous les niveaux est la condition essentielle pour avoir une ville prospère: les résidences côtoient les commerces, l'école côtoie les oeuvres d'art, la résidence pour retraités côtoie la bibliothèque, la garderie côtoie les parcs.

Intervient alors la question des intérêts financiers. M. Beasley défend l'idée d'instaurer un équilibre entre les intérêts économiques et les autres intérêts.

C'est simplement un choix que fait une communauté. Laissera-t-elle les intérêts économiques primer les autres intérêts ou se dira-t-elle qu'il y a aussi des intérêts culturels, des intérêts communautaires et des intérêts publics?[[citation auteur="Larry Beasley" ]]

Il va plus loin en insistant sur l'importance de redécouvrir « l'étincelle de l'intérêt commun ».

Selon lui, quand on insiste sur le bien-être de la communauté, l'intérêt économique dans son ensemble y trouve son compte. La raison en est simple. Les gens riches qui ont la liberté de circuler s'installeront dans une ville agréable, où il y a une bonne qualité de vie. Et là où ils vont, ils apportent leur richesse, leurs idées, ils commencent à participer à la vie de cet endroit, conclut l'urbaniste.

La cité design

Au cours de sa conférence à l'Université McGill, Larry Beasley a développé les six facteurs d'une ville design. Pour concevoir une ville prospère, il faut planifier:
1- le transport urbain
2- un équilibre entre densité et qualité de vie
3- la mixité sociale
4- la culture
5- la forme de la construction de la ville
6- son entretien