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Lettre ouverte de Jean Charest

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pauline Marois et Mario Dumont répliquent à la lettre du premier ministre publiée dans les grands quotidiens québécois en dénonçant son manque de leadership.

Les chefs péquiste et adéquiste, Pauline Marois et Mario Dumont, dénoncent le manque de leadership dont fait preuve le premier ministre Jean Charest dans l'actuel débat sur l'identité québécoise.

Ils ont tour à tour commenté mardi la lettre envoyée par M. Charest à plusieurs quotidiens québécois, dans laquelle il fustige ses adversaires qui, dit-il, se « nourrissent de préjugés » et cultivent une mentalité « d'assiégés ».

Selon Mme Marois, la meilleure façon de discuter respectueusement et raisonnablement de son controversé projet de loi sur l'identité québécoise est d'en débattre au sein de nos institutions démocratiques, et donc à l'Assemblée nationale du Québec, plutôt que le faire dans les médias. Jusqu'à nouvel ordre, le gouvernement libéral refuse d'appeler le projet de loi du PQ, de sorte qu'aucun débat formel n'a lieu.

Mme Marois a par ailleurs demandé à M. Charest d'avoir du respect à l'égard de René Lévesque, de ne pas l'interpeller et surtout de ne pas interpréter sa pensée. Elle a néanmoins répliqué en citant des propos de l'ex-premier ministre libéral Robert Bourassa, qui disait que le premier ministre du Québec est le mieux placé pour défendre, protéger et promouvoir la culture française puisqu'il dirige une communauté très minoritaire dans l'ensemble du continent nord-américain.

Mario Dumont s'en est pris pour sa part au manque de leadership dont fait preuve le premier ministre depuis que le débat sur les accommodements raisonnables fait rage. Son gouvernement, dit le chef adéquiste, est celui qui a le plus négligé les questions entourant l'intégration des immigrants, notamment en matière linguistique.

M. Dumont dit être sidéré que le premier ministre associe la volonté des Québécois de s'affirmer à une mentalité d'assiégés. Ces propos, dit-il, démontrent que Jean Charest ne comprend pas une des grandes dimensions du travail de premier ministre, qui est de défendre les valeurs communes d'un peuple minoritaire et qui veut défendre sa langue, sa culture et son histoire.

Le chef adéquiste affirme que c'est le gouvernement qui adopte une mentalité d'assiégés. La lettre envoyée par le premier ministre aux médias, croit-il, signifie que le gouvernement compte laisser dormir le rapport de la Commission Bouchard-Taylor sur les tablettes.

Attaque en règle dans les médias

Dans sa lettre, le premier ministre Charest s'en prend aux politiques défendues par Pauline Marois et Mario Dumont dans le débat sur l'identité québécoise et les accommodements raisonnables. Il affirme que la meilleure façon de renforcer l'identité québécoise ne peut se faire qu'en « associant le nom Québec à la réussite économique et sociale, et en conviant le plus grand nombre possible de gens à partager notre réussite en français et dans le respect de nos valeurs communes ».

Pauline Marois, dit-il, devrait retirer son projet de loi sur l'identité québécoise, dans lequel il ne voit qu'un « repli sur soi indigne de notre nation profondément démocratique ». Pour jouer sur la même glace que l'ADQ, dit Jean Charest, la chef péquiste a décidé d'envenimer le débat en opposant le « nous » à un « eux » menaçant et en tentant, dit-il, de créer une crise linguistique.

« Est-ce que René Lévesque, qui fut un grand démocrate, aurait accepté un projet de loi qui propose d'établir deux classes de citoyens, qui renie un principe démocratique de base, à savoir que quiconque peut participer à la conduite de la société en se présentant aux élections? », demande-t-il, en laissant présumer que la réponse est non.

Le premier ministre s'en prend aussi à Mario Dumont, qui après avoir appelé les Québécois à « lever le menton » et avoir déclaré que le Québec accueillait assez d'immigrants, a dénoncé le projet de loi sur l'identité québécoise. L'ADQ, dit Jean Charest, agit comme un pompier pyromane.

Déplorant que des aspirants au poste de premier ministre jouent ainsi avec la réputation internationale du Québec, le chef libéral écrit: « Je me battrai avec toutes mes énergies pour dénoncer cet esprit d'assiégés dont mes adversaires se font les promoteurs, et qui les amène à faire croire aux Québécois que ce monde n'est pas fait pour nous. »

« La promotion de l'identité québécoise ne se fera jamais en barricadant le Québec », affirme Jean Charest. « Elle ne se fera jamais dans la peur de l'autre ou l'intolérance. Elle se fera toujours par l'accroissement de notre rayonnement. »

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