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Feu nourri de l'opposition

Radio-Canada

À la suite de la publication de nouvelles allégations de torture de prisonniers afghans, les partis d'opposition demandent au gouvernement Harper de fournir des informations sur la situation des détenus.

De nouvelles allégations de torture de la part de prisonniers afghans, publiées lundi par un quotidien montréalais, ont alimenté les débats à la Chambre des communes, à Ottawa.

En réponse à une question du leader parlementaire de l'opposition officielle, Michael Ignatieff, le leader du gouvernement, Peter Van Loan, a attribué ces allégations aux talibans. M. Van Loan a affirmé qu'il s'agissait de la stratégie habituelle des talibans, et qu'il ne fallait pas accepter ces informations comme telles sans les vérifier, puisqu'elles provenaient de sources anonymes.

Lorsque M. Ignatieff a rappelé des informations publiées en septembre dernier, selon lesquelles l'état-major canadien avait perdu la trace de 50 prisonniers remis aux autorités afghanes, M. Van Loan a plutôt rappelé l'entente sur le transfert des prisonniers signée avec le gouvernement afghan, en mai dernier.

Pour sa part, le député libéral Robert Thibault a rappelé que le gouvernement devait respecter la convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre. « C'est la raison pour laquelle nos troupes sont là, a répondu Peter Van Loan. Pour défendre les Afghans contre les talibans qui bafouent les droits de l'homme. »

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a indiqué que les allégations avaient été rapportées par une journaliste sérieuse. Il a estimé que les autorités canadiennes ne respectaient pas l'entente signée en mai qui prévoit notamment un droit de visite pour les observateurs canadiens, afin d'assurer un suivi des prisonniers remis aux Afghans. M. Duceppe a demandé si un rapport d'observateur avait été produit, et s'il allait être rendu public.

Désigné pour répondre aux questions en français, le ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier, a soutenu que l'entente canadienne avec le gouvernement afghan était meilleure que celles conclues avec d'autres pays de l'OTAN.

Il a affirmé qu'Ottawa n'avait rien à cacher, et a rappelé qu'un récent sondage mené auprès d'Afghans par la firme Environics Research indiquait que les trois quarts des répondants estimaient que la situation des femmes s'était améliorée dans le pays. « Nous sommes là pour qu'ils puissent vivre dans un pays comme le nôtre, plus [sécuritaire], plus développé, où les enfants peuvent aller à l'école », a lancé M. Bernier.

« S'ils n'ont pas la certitude qu'il n'y a pas de torture, ils contreviennent à la convention de Genève et dès lors, ils ne devraient pas transférer des prisonniers », a commenté Gilles Duceppe à sa sortie de la Chambre des communes.