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Les libéraux indignés par le projet péquiste

Radio-Canada

Des ministres libéraux accusent le PQ de vouloir créer deux classes de citoyens avec son projet sur la « citoyenneté québécoise », qui interdirait aux nouveaux immigrants qui ont échoué à apprendre le français de se présenter à une élection.

Les ministres de la Santé et des Affaires intergouvernementales du Québec rejettent catégoriquement l'idée proposée par le Parti québécois d'interdire aux immigrants qui ont de la difficulté à s'exprimer en français d'être candidat à une élection.

Dans sa démarche pour reprendre le devant de la scène dans le débat sur l'identité nationale, le PQ propose d'instaurer une « citoyenneté québécoise » et de rédiger une constitution pour enchâsser les valeurs communes des citoyens du Québec.

En vertu de ces deux projets de loi que la chef péquiste Pauline Marois a déposés jeudi à l'Assemblée nationale, les nouveaux arrivants qui s'établissent au Québec devraient démontrer leur maîtrise de la langue française.

Ceux qui seraient incapables de bien parler français après une période d'apprentissage payée par l'État perdraient leur droit de se présenter aux élections municipale, scolaire ou provinciale. Cette mesure ne toucherait toutefois pas les immigrants déjà installés au Québec qui se verraient donner d'office le certificat de citoyenneté québécoise.

Le ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, trouve intéressante la proposition d'avoir constitution québécoise.

Il rejette toutefois du revers de la main les restrictions pour les nouveaux arrivants. « Au niveau de l'identité, ils [les péquistes] ont commis une erreur fondamentale qui vicie de façon fondamentale leur projet de loi: c'est de créer deux classes de citoyens québécois. C'est quelque chose qu'on n'a jamais accepté au Québec », affirme M. Pelletier.

Son collègue de la Santé, le ministre Philippe Couillard, partage cette inquiétude. Il dit voir dans la proposition péquiste une manifestation de « fermeture » à l'égard des immigrants, qui rappelle l'épisode du « vote ethnique » de l'ancien premier ministre péquiste Jacques Parizeau, lors du référendum de 1995.

« Si on vous amenait quelqu'un qui vit à Montréal depuis des générations et qui se trouve à ne pas parler français pour diverses questions, est-ce que ce n'est pas un citoyen à part entière ça? » a-t-il demandé.

Du côté d'Ottawa, la ministre du Patrimoine, Josée Verner, a préféré ne pas se prononcer sur la proposition péquiste. Elle a toutefois précisé qu'il y avait au Canada deux langues officielles et que le pays devait accueillir les immigrants avec ouverture.