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Mullins-Johnson sera dédommagé

Radio-Canada

L'Ontario a l'intention de dédommager William Mullins-Johnson, qui a passé 12 ans derrière les barreaux avant d'être acquitté d'un meurtre qui n'a jamais été commis.

L'Ontario a l'intention de dédommager William Mullins-Johnson, qui a passé 12 ans derrière les barreaux avant d'être acquitté d'un meurtre qui n'a jamais eu lieu.

Le ministère du Procureur général de l'Ontario a confirmé qu'il entamera des négociations avec les avocats de M. Mullins-Johnson. Le montant des dommages n'a toutefois pas été rendu public.

Dans les année 90, la province a versé plus d'un million de dollars à Guy Paul Morin, qui avait lui aussi été faussement accusé de meurtre.

Acquitté par la Cour d'appel

La Cour d'appel de l'Ontario acquitte William Mullins-Johnson relativement à la mort de sa nièce de 4 ans.

Lundi, le tribunal a statué que les preuves contre l'homme de 37 ans sont insuffisantes pour le condamner. Ce sont les procureurs de la Couronne eux-même qui ont d'entrée de jeu demandé son acquittement.

Lors du premier procès, en 1994, le témoignage du controversé pathologiste Charles Smith s'était avéré déterminant dans la condamnation. Le Dr Smith, qui était le principal expert du bureau du coroner dans des cas d'homicides d'enfants, avait conclu que la victime avait été agressée sexuellement avant d'être étranglée. Il était le seul des cinq experts qui avaient examiné le cas à tirer cette conclusion.

Lundi, le pathologiste en chef de l'Ontario, Michael Pollanen, a déclaré à la Cour d'appel que la victime n'a été ni étranglée, ni agressée sexuellement. Le Dr Pollanen a étudié les échantillons prélevés lors de la première autopsie, en plus d'étudier les nombreuses photos prises à ce moment. Par contre, il s'est dit incapable de déterminer la cause exacte du décès de la victime en raison d'une insuffisance de preuves d'ADN.

Appelé à témoigner, William Mullins-Johnson a éclaté en sanglots lorsqu'il a relaté les événements qui ont mené à la mort de sa nièce. Il mentionne que les accusations et sa condamnation ont divisé sa famille et terni sa réputation. Il a indiqué que sa libération en 2005 lui a permis de voir la lumière au bout du tunnel.

La Cour d'appel a choisi d'acquitter William Mullins-Johnson plutôt que de le blanchir. La Couronne a immédiatement présenté ses excuses à M. Mullins-Johnson et à sa famille.

L'homme originaire de Sault-Sainte-Marie s'est dit soulagé du verdict et de voir sa réputation rétablie. Pour le moment, il ne songe pas à demander à réclamer un dédommagement. Il indique qu'il veut reprendre ses études et qu'il aimerait se réconcilier avec les membres de sa famille.

Le Dr Charles Smith

En 2005, lorsque l'avocat de M. Mullins-Johnson a tenté d'obtenir les tissus humains étudiés par le Dr Smith pour les soumettre à une révision indépendante, le pathologiste a été incapable de les lui fournir. Il a fallu une perquisition dans le bureau du docteur pour retrouver cet élément de preuve. La contre-expertise a prouvé que la jeune fille était morte de causes naturelles. William Mullins-Johnson a alors été libéré après avoir été emprisonné 12 ans.

En avril 2007, le procureur général de l'Ontario Michael Bryant a déclaré que William Mullins-Johnson n'aurait jamais dû être reconnu coupable du meurtre de sa nièce. En juillet, le ministre fédéral de la Justice, Rob Nicholson, a renvoyé la cause en Cour d'appel de l'Ontario. Par voie de communiqué, le ministre s'était dit « convaincu qu'il y a des motifs raisonnables de conclure qu'une erreur judiciaire s'est probablement produite dans la condamnation de 1994 ».

La découverte des tissus qui exonéraient l'accusé dans le bureau du Dr Smith en 2005 a été l'élément déclencheur d'une vaste révision du travail du pathologiste. Les experts qui ont révisé 45 des autopsies du médecin légiste ont conclu que des erreurs avaient été commises dans 20 dossiers. Dans 13 cas, les conclusions erronées du Dr Smith ont mené à des peines de prison pour meurtre ou négligence.

À la suite de ce rapport dévastateur, l'Ontario a ordonné la tenue d'une enquête publique pour réviser les pratiques en matière de médecine légale infantile. Les audiences de la commission Goudge débuteront le 12 novembre et son rapport final sera publié au printemps. La coprésidente de l'Association des personnes faussement condamnées, Elizabeth Widner, espère que la commission d'enquête Goudge déterminera où le système a fait défaut et recommandera des solutions pour éviter d'autres condamnations d'innocents.