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Le Bloc maintient ses cinq conditions

Radio-Canada

En mode préélectoral, le chef Gilles Duceppe affirme que le soutien de son parti au gouvernement passe par la réponse qu'entend donner Stephen Harper aux cinq conditions bloquistes.

Au terme du conseil général du Bloc québécois tenu à Trois-Rivières, Gilles Duceppe a répondu dimanche aux questions des journalistes.

Le chef bloquiste a de prime abord indiqué que son parti a « adopté un plan de match en vue des élections ». Dans le cas où les élections ne sont pas déclenchées, le parti prévoit la poursuite des forums de réflexion à travers la province. Le Bloc s'attellera également à la préparation du congrès et des prochains travaux parlementaires.

Par ailleurs, M. Duceppe affirme que le caucus maintient les cinq conditions du Bloc posées au gouvernement conservateur:

  • Fin de la mission en Afghanistan en février 2009
  • Respect du protocole de Kyoto
  • Respect de la gestion de l'offre en agriculture
  • Mesures d'aide aux secteurs forestier et manufacturier
  • Mettre fin au pouvoir de dépenser d'Ottawa dans les champs de compétence du Québec

    Pour M. Duceppe, le soutien du Bloc au premier ministre Stephen Harper passe par la satisfaction de ces conditions.

    À la question si le Bloc pouvait se montrer plus souple si le gouvernement répond à une partie de ces conditions, M. Duceppe a indiqué qu'il revenait à M. Harper de se montrer plus souple et de tenir les promesses faites au Québec.

    M. Duceppe affirme par ailleurs que les conditions du Bloc font un large consensus au Québec.

    Le Québec: des valeurs différentes

    « Nous sommes le seul parti québécois qui impose la différence québécoise à la Chambre des communes pour la défense des intérêts du Québec et de ses valeurs », a-t-il insisté.

    Le chef bloquiste estime que les valeurs du Québec diffèrent de celles du Canada. Il en veut pour exemple la question du pétrole qui enrichit le Canada et appauvrit le Québec, selon lui. Et cette question montre la différence de vision entre le Canada et le Québec sur les plans de la fiscalité et de l'environnement, a-t-il indiqué.

    Les propos de Jean Chrétien font réagir

    Les propos sur le référendum de 1995 tenus par l'ancien premier ministre Jean Chrétien dans ses mémoires ont fait bondir les députés bloquistes. Dans son ouvrage intitulé Passion Politique, à paraître lundi, M. Chrétien écrit qu'une mince majorité du Oui au référendum n'aurait pas été suffisante pour que le Québec devienne indépendant du Canada.

    Le chef bloquiste Gilles Duceppe a rappelé qu'à la veille du vote, l'ancien premier ministre libéral affirmait qu'il n'y avait pas de retour en arrière possible et que le résultat serait déterminant pour l'avenir du Canada. « Ça veut dire que deux jours avant le vote, dans son discours aux Québécois, il mentait, a déclaré M. Duceppe. Ce n'est pas respectable d'agir ainsi. »

    Le député d'Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard, estime quant à lui que les propos de M. Chrétien sont « indignes d'un ex-chef d'État ». « Dans le fonds, dire qu'on ne reconnaît pas un Oui, c'est dire qu'on ne reconnaît pas les Québécois, qu'on ne reconnaît pas leur volonté, leur droit à l'autodétermination et je pense que ça n'aurait pas tenu la route », a-t-il commenté.

    Cette controverse donne néanmoins des munitions au Bloc québécois, dans la perspective d'un éventuel scrutin fédéral. Les députés bloquistes ont à peu près tous souligné que l'actuel chef du Parti libéral, Stéphane Dion, était le père de la Loi sur la clarté référendaire. En entrevue à la télévision de Radio-Canada, dimanche, M. Dion a d'ailleurs réitéré qu'« aucun pays au monde n'aurait accepté d'être scindé sans avoir l'assurance d'une majorité claire ».