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La hâte de Charest irrite de plus en plus

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plusieurs communautés culturelles dénoncent l'empressement du premier ministre de vouloir amender au plus tôt la Charte québécoise des droits pour assurer la primauté de l'égalité des sexes sur la liberté de religion.

Le premier ministre Jean Charest ne fait pas que des heureux avec sa proposition d'amender la Charte des droits et libertés du Québec pour assurer la primauté de l'égalité hommes-femmes sur la liberté de religion.

Vendredi, plusieurs communautés culturelles se sont dites déçues de l'attitude de Jean Charest dans le dossier. Comme les partis d'opposition à l'Assemblé nationale, c'est surtout la hâte d'agir de Jean Charest qui les irrite, même si tous s'entendent sur le principe.

Plusieurs pensent que M. Charest aurait dû attendre la fin des travaux de la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement liées aux différences culturelles présidée par Gérard Bouchard et Charles Taylor avant d'annoncer ses intentions.

« Ce que M. Charest a annoncé devrait être une des recommandations, une des conclusions de la commission Taylor-Bouchard, mais l'avancer [...] c'est un peu invalider aussi le travail de la commission Bouchard », dit Nima Machouf, de l'Association des femmes iraniennes de Montréal.

La communauté sikhe abonde dans le même sens. Le président du Temple sikh Gurdwara Sahib, Manjit Singh, soutient ainsi que le gouvernement aurait dû attendre et écouter jusqu'au bout les audiences de la commission avant d'annoncer ses intentions.

Pour d'autres, il n'y a pas lieu de modifier la Charte. La Dre Najat Boughaba, porte-parole du Congrès islamique canadien pour le Québec donne l'exemple d'un homme qui exige que sa femme soit examinée par une femme médecin.

Selon elle, on devrait d'abord chercher à régler le différend à l'amiable, sinon « on doit dire à la personne: "écoutez, votre demande ne peut pas être satisfaite." Cela s'arrête là. On ne doit pas polémiquer, on ne doit pas créer des fossés dans la société par des petits cas isolés. »

Le porte-parole de la communauté juive hassidique de Montréal n'a pas voulu accorder d'entrevue, mais il affirme qu'il ne s'opposera pas au fait d'amender la Charte, pourvu que la liberté de religion continue d'être respectée.

Les communautés culturelles entendent d'ailleurs bien faire valoir leur point de vue lorsque la commission Bouchard-Taylor s'arrêtera à Montréal, à la fin du mois de novembre. Le Congrès islamique canadien et la communauté juive hassidique ont l'intention de présenter des mémoires devant la commission.

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