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Manifestation d'appui à Batasuna

Radio-Canada

Des nationalistes basques descendent dans les rues pour protester contre l'incarcération de dirigeants du parti. Des politiciens modérés et radicaux dénoncent l'intervention policière, qu'ils assimilent à de « l'opportunisme électoral ».

Choqués par l'arrestation de 23 dirigeants du parti Batasuna, des nationalistes basques radicaux sont descendus dans les rues du Pays basque espagnol, vendredi soir, pour dénoncer l'intervention policière menée la veille.

La police espagnole a fait irruption dans une « assemblée clandestine » organisée dans le village basque de Segura, jeudi soir, et a écroué les responsables du parti qui s'y trouvaient, portant un dur coup au bras politique de l'organisation terroriste ETA.

Vendredi matin, la une du quotidien basque Gara, réputé proche des indépendantistes, était coiffée d'un éditorial intitulé « Déclaration de guerre ». L'intervention policière s'est aussi attiré les foudres du Parti nationaliste basque, au pouvoir au Pays basque espagnol.

« Il semble curieux que le tribunal agit toujours à un moment politique crucial », a déclaré le ministre régional basque de la Justice, Joseba Azkarraga, qui a rappelé que des membres du gouvernement socialiste de Jose Luis Zapatero se réunissaient encore récemment avec des membres de Batasuna.

Un des dirigeants de Batasuna encore en liberté, Pernando Berrena, a pour sa part dénoncé une « vengeance du Parti socialiste » face à l'attitude ferme affichée par Batasuna lors des dernières négociations de paix qui ont avorté entre Madrid et l'ETA.

M. Berrena s'en est pris à « la position préélectorale du Parti socialiste qui cherche à améliorer sa situation face au Parti populaire [de droite] en vue des élections législatives de mars ».

Le parti Batasuna est interdit d'activité et de représentation électorale depuis 2003. Les personnes interpellées sont passibles de poursuites judiciaires dans le cadre d'une enquête menée par le juge Balthasar Garzon sur les liens entre Batasuna et l'ETA et le financement présumé de l'organisation armée.

Cette opération survient quatre mois presque jour pour jour après que l'ETA eut annoncé son retour à la lutte armée. Cette déclaration entérinait l'échec d'une tentative de règlement négocié entamée avec le gouvernement socialiste pendant sa trêve de 2006.

Cet été, l'ETA a perpétré six actions de moyenne ou faible intensité, notamment l'explosion d'un véhicule piégé près d'une caserne qui a fait deux blessés légers. L'organisation indépendantiste est tenue responsable de 819 morts en 39 ans de lutte contre l'État espagnol.