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Le prix de la contestation

Radio-Canada

Deux militantes pacifistes américaines dénoncent le gouvernement canadien qui leur a refusé l'entrée au pays en raison du fait qu'elles ont été arrêtées lors de manifestations contre la guerre en Irak aux États-Unis.

Après le gouvernement américain, deux militantes pacifistes américaines s'en prennent maintenant au gouvernement canadien.

Ann Wright et Medea Benjamin, cofondatrices du groupe Code Pink, dénoncent les autorités canadiennes pour leur avoir refusé l'accès au pays, car elles ont été arrêtées lors de manifestations contre la guerre en Irak aux États-Unis.

Les deux femmes affirment avoir été refoulées à la frontière entre Buffalo et Niagara Falls, car elles se retrouvent sur une liste de noms d'individus criminels du FBI. Leurs noms apparaissent à côté de ceux de terroristes, de meurtriers et de trafiquants drogue même si être arrêté lors d'une manifestation constitue un crime mineur aux États-Unis.

« C'est absurde et choquant. Nous sommes des manifestantes pacifiques, pas des criminelles », dit Medea Benjamin. Pour ridiculiser encore plus la procédure, elles disent que même le révérend Martin Luther King Jr. n'aurait pas été autorisé à entrer au Canada selon ces critères.

Déjà en août, les deux femmes s'étaient rendues au Canada. Mme Wright, une colonelle de l'armée américaine à la retraite, dit avoir été détenue pendant quatre heures à l'aéroport d'Ottawa. Les autorités lui ont ensuite donné un permis de séjour limité de trois jours pour la somme de 200 $.

Les deux femmes se sont ensuite fait dire que si elles voulaient revenir au Canada, en plus de payer 200 $, elles devraient se soumettre à un processus de réhabilitation criminelle, qui comprend formulaires et questionnaires à remplir, de même que la prise d'empreintes digitales.

Un dangereux précédent

Selon les deux femmes, le Canada est le premier pays à utiliser cette liste du FBI pour déterminer qui peut entrer sur son territoire. Elle ajoute que cela pourrait créer un dangereux précédent et encourager d'autres pays à faire de même.

Elles ajoutent que c'est d'autant plus inquiétant qu'elles disent pouvoir voyager sans être inquiétées à l'intérieur du territoire américain. Elles disent donc ne pas comprendre que le gouvernement canadien applique des restrictions plus sévères que les autorités américaines.

Les douaniers canadiens se défendent tant bien que mal d'être trop sévères. Un douanier donne en exemple qu'un Américain peut se voir refuser l'entrée au pays en raison du fait qu'il a déjà été arrêté pour conduite avec facultés affaiblies.

Les deux femmes peuvent tout de même compter sur certains appuis au Canada. La députée néo-démocrate de Trinity-Spadea, en Ontario, Olivia Chow, s'est indignée de leur refoulement à la frontière. Dans une lettre envoyée au consulat général du Canada à Buffalo, Mme Chow accuse les autorités canadiennes d'appliquer des mesures décidées par le FBI et d'autres organismes américains.

Elle ajoute que protester pacifiquement ne constitue pas une activité criminelle au Canada, quoi qu'en pensent les autorités américaines.

Les deux femmes ont l'intention de faire retirer leurs noms de la liste du FBI en vertu d'articles constitutionnels protégeant la liberté d'expression. Elles souhaitent aussi que les noms de ceux qui ont été arrêtés pour avoir pris part à des actions pacifistes soient retirés des banques de données internationales.

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