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Nouvelle promesse de paix

Radio-Canada

Après un sommet de deux jours, les leaders sud-coréen et nord-coréen s'engagent à négocier un traité de paix pour remplacer le cessez-le-feu qui avait mis fin à la guerre de Corée, il y a 54 ans. Réactions partagées parmi les analystes de la scène coréenne.

Véritable percée historique qui permettra à la péninsule coréenne de goûter à la paix après 50 ans de « guerre froide » ou nouvelle tentative de la dictature communiste nordiste pour soutirer à l'Occident davantage d'aide économique?

C'était là la question que se posaient, jeudi, de nombreux experts de la politique coréenne devant les voeux de paix et de prospérité que se promettaient les deux Corées à l'issue d'un second sommet entre les deux pays ennemis.

Les deux Corées ont en effet convenu de « mettre fin à l'armistice actuel et de bâtir un régime de paix permanent », une promesse qui permettrait, si jamais elle est tenue, d'enterrer un long conflit qui a contribué, depuis l'armistice de 1953, à faire de la péninsule coréenne une zone de conflit latent permanent.

Les leaders coréens Kim Jong-il et Roh Moo-hyun se sont affichés ensemble, jeudi, pour la signature d'un pacte de paix qui entrouvre la porte à un accord plus vaste dans de nombreux domaines litigieux.

Ainsi, outre la question de la réconciliation, les deux pays se sont entendus pour entamer des discussions sur l'établissement d'une zone de pêche commune, un point de désaccord qui a, par le passé, été responsable de nombreux accrochages entre les marines militaires du nord et du sud.

Les deux Corées veulent aussi accroître leur coopération économique en créant une « zone de paix spéciale » autour d'une ville portuaire à 100 kilomètres de la capitale nordiste, Pyongyang. Un vaste chantier naval commun sera aussi fondé en Corée du Nord et une liaison ferroviaire destinée au fret sera ouverte.

Toutefois, les spécialistes ont été nombreux à relever les lacunes d'une déclaration commune qui contourne complètement certains des véritables enjeux, dont en premier lieu l'épineuse question du nucléaire nord-coréen.

« Il est clair que cet accord est un pas en avant, mais cela ne change pas fondamentalement la donne », a expliqué à l'AFP Daniel Sneider, spécialiste de l'Asie-Pacifique à l'Université Stanford, aux États-Unis. Selon l'universitaire, « il faut être réaliste, le chemin est encore long et difficile ».

Pour le professeur Yoichiro Sato, de l'Asia-Pacific Centre for Security Studies de Hawaï, il faut s'attendre à ce que la Corée du Nord, après avoir reçu une partie de ce qu'on lui a promis, « fasse encore monter les enchères ».

Historiquement, les exemples ne manquent pas pour étayer les thèses des plus pessimistes des analystes. En effet, en 1994, Pyongyang s'était déjà engagé à mettre fin à ses ambitions nucléaires, un accord qui n'a jamais été respecté par le régime communiste et qui a conduit au déclenchement d'une grave crise au début des années 2000. Et depuis, cette crise perdure.

Toutefois, selon d'autres analystes, ce sommet aura permis certaines avancées. « Le sommet a produit de meilleurs résultats que ceux auxquels beaucoup s'attendaient en particulier dans le champ économique et de la paix », relève Kim Yeon-Chul du Centre asiatique de recherche de l'Université de Corée, à Séoul. Selon M. Kim, l'élément le plus important de cette rencontre est que « la question essentielle de la fin de l'état de guerre dans la péninsule », a été abordée dans la déclaration officielle.

Quant à Baek Seung-joo de l'Institut coréen d'analyses de défense, il souligne que le Nord a « accepté pleinement le Sud comme un partenaire clef pour bâtir un nouvel ordre de paix sur la péninsule coréenne ».

Installations démantelées d'ici 3 mois

Lire notre nouvelle sur les promesses de démantèlement des installations nucléaires nord-coréennes.