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Coup dur pour l'opposition

Radio-Canada

La Cour suprême juge que le général Pervez Moucharraf peut bel et bien solliciter un nouveau mandat présidentiel de cinq ans.

La Cour suprême du Pakistan autorise le président Pervez Moucharraf à solliciter un nouveau mandat de cinq ans lors de l'élection du samedi 6 octobre.

Dans une décision majoritaire (6-3), le plus haut tribunal du pays de 160 millions d'habitants a rejeté une série de plaintes déposées notamment par une association d'avocats et le parti islamiste Jamaat-e-Islami.

Ces derniers plaidaient que le président Moucharraf, au pouvoir depuis le coup d'État d'octobre 1999, ne pouvait briguer un autre mandat parce qu'il était chef des armées et que de nouvelles élections législatives devaient avoir lieu au préalable.

« Ces demandes sont considérées comme non recevables », a déclaré un juge de la Cour suprême, entraînant les protestations de membres de l'opposition, dont de nombreux avocats, qui se sont mis à scander « Honte » et « Pars Moucharraf ».

Le président pakistanais est élu pour cinq ans par un collège électoral issu du Parlement national et des législatures provinciales, et une majorité des parlementaires actuellement en fonction est fidèle au président. Les élections législatives au Pakistan doivent avoir lieu au plus tard en janvier prochain, mais les opposants voulaient les avancer, dans l'espoir que davantage d'élus soient hostiles au président.

Depuis que son juge en chef a été réinstallé dans ses fonctions, il y a deux mois, au terme d'un bras de fer avec le président Moucharraf, la Cour suprême a rendu une série de décisions défavorable à ce dernier. Elle a notamment permis le retour de l'ex-premier ministre Nawaz Sharif et ordonné la libération de membres de son parti emprisonné lors de son retour avorté.

De nombreuses rumeurs avançaient que le président Moucharraf, considéré par Washington comme un important allié dans la guerre contre le terrorisme, jonglait avec la possibilité de déclarer l'état d'urgence, voire la loi martiale, si la Cour suprême du pays avait invalidé sa candidature.

Pays en ébullition

Le président Moucharraf n'est pas au bout de ses peines pour autant. Les partis d'opposition, réunis au sein d'une coalition baptisée Mouvement démocratique de tous les partis, ont annoncé jeudi que leurs députés démissionneront en bloc mardi prochain. Leur objectif est de miner la crédibilité du scrutin présidentiel.

Ces événements se déroulent alors que l'ancienne première ministre Benazir Bhutto, exilée à Londres après que des accusations de corruption eurent été déposées contre elle, a fait savoir qu'elle sera de retour au pays le 18 octobre. Elle négociait jusqu'à tout récemment une entente de partage du pouvoir avec le général Moucharraf.

Nawaz Sharif, autre figure politique dominante du Pakistan, a pour sa part été déporté vers l'Arabie saoudite le 11 septembre dernier. Il tentait de revenir au pays après un long exil entamé dans la foulée du coup d'État de 1999. M. Sharif, qui disait vouloir restaurer la démocratie au Pakistan, avait pourtant reçu le feu vert de la Cour suprême. Le premier ministre pakistanais, Shaukat Aziz, a d'ailleurs été sommé d'expliquer cette déportation par la Cour suprême vendredi.

Ces rebondissements sur la scène politique surviennent au moment où le Pakistan est aux prises avec une insurrection islamiste qui a gagné en violence depuis l'assaut de l'armée contre la mosquée Rouge. Des attentats terroristes ont eu lieu au cours des dernières semaines, et notamment contre des cibles militaires, tandis que l'armée lutte a repris sa lutte contre les islamistes retranchés dans le nord-est du pays.

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