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Le Canada s'aligne sur le Partenariat Asie-Pacifique

Radio-Canada

Le premier ministre Stephen Harper profite de son passage à l'ONU pour annoncer que le Canada se joint au Partenariat Asie-Pacifique, un groupe de pays opposés au protocole de Kyoto.

Le Canada se joint au Partenariat Asie-Pacifique, un groupe de pays opposés au protocole de Kyoto. Le premier ministre Stephen Harper en a fait l'annonce à New York, où il participe au sommet de l'ONU sur les changements climatiques.

Stephen Harper se défend toutefois de s'engager à contre-courant des pays qui tiennent mordicus au protocole de Kyoto. « Sans la participation de ces pays, on ne peut pas avoir un protocole efficace. C'est la raison pour laquelle le Canada veut s'impliquer dans ces discussions », a tenu à dire le premier ministre canadien.

Créé en 2005, le Partenariat Asie-Pacifique pour le développement propre et le climat est un accord volontaire regroupant les États-Unis, l'Australie, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l'Inde.

Plus tôt dans la journée, le premier ministre canadien a pris la parole à l'ONU, où il a jugé fondamental qu'il y ait un équilibre entre la protection de l'environnement et la croissance de l'économie. Cet équilibre est au coeur de l'approche canadienne, a-t-il dit.

Le premier ministre canadien a affirmé qu'il est illusoire de croire que le monde industrialisé va réussir à se défaire de sa dépendance aux combustibles fossiles. La solution, dit-il, passe par l'utilisation de technologies vertes pour rendre ces combustibles moins polluants. Il a notamment parlé des expériences d'enfouissement du dioxyde de carbone actuellement menées au pays.

Stephen Harper a plaidé en faveur d'une nouvelle entente en vertu de laquelle tous les principaux émetteurs de gaz à effet de serre s'engageraient à réduire leurs émissions.

Ban Ki-moon lance un vibrant appel

La position du Canada tranche quelque peu avec celle du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui exhorte les dirigeants du monde à agir immédiatement pour contrer la menace que constitue le réchauffement climatique pour la planète.

« Le temps du doute est passé », a-t-il lancé aux chefs d'État, chefs de gouvernement et délégués de 150 pays réunis à l'occasion d'un sommet sur le climat organisé au siège de l'ONU à New York. Le président américain George W. Bush ne participe pas à ce sommet, mais il sera à New York en soirée.

Une jeune Canadienne de 18 ans, Catherine Gauthier, qui a été invitée par le secrétaire général des Nations unies pour représenter le groupe Environnement Jeunesse, a pressé les délégués de tous les pays d'adopter des cibles contraignantes de réduction des émissions.

L'objectif de la rencontre de New York est de donner un nouveau souffle aux négociations entourant un accord de réduction des gaz à effet de serre appelé à succéder au protocole de Kyoto à compter de 2013. La prochaine conférence mondiale sur l'environnement, prévue du 3 au 14 décembre à Bali, en Indonésie, doit permettre d'établir un calendrier de négociations afin qu'une entente en ce sens soit conclue.

Une entente controversée

L'atteinte des objectifs du protocole de Kyoto, qui prévoit que les émissions de gaz à effet de serre seront inférieures de 5,2 % en 2012 au niveau qu'elles atteignaient en 1990, est mise en péril depuis que les États-Unis, plus important pollueur de la planète, ont refusé de le ratifier.

Washington refuse toutefois d'adopter des cibles contraignantes sous prétexte que son économie en souffrira. L'Australie est un autre pays qui n'a pas ratifié le protocole, tandis que l'Inde et la Chine et le Brésil, entre autres, ont été exemptés d'objectifs par Kyoto parce qu'il s'agit de pays dont l'économie est en émergence.

Le Canada a officiellement ratifié le traité, mais les gouvernements libéraux et conservateurs qui se sont succédé à Ottawa n'ont jamais élaboré un plan permettant d'atteindre ses objectifs. Le plan vert du gouvernement Harper, par exemple, se rabat sur une réduction de l'intensité des émissions de gaz à effet de serre. Actuellement, le Canada dépasse son objectif de Kyoto d'environ 34 %.

Quinze pays se joindront d'ailleurs aux États-Unis à compter de jeudi pour discuter à Washington du litigieux dossier dans le cadre d'un effort parallèle. Le Canada sera du nombre, tout comme la Chine, l'Inde, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, le Japon, le Mexique et la Russie. L'Union européenne et les Nations unies seront représentées.

Une réduction loin d'être absolue

Le gouvernement Harper n'impose pas aux quelque 700 grandes industries concernées une réduction absolue des émissions de GES, comme le veulent les environnementalistes et le protocole de Kyoto, mais plutôt une réduction en fonction de leur intensité. La différence est de taille.

Dans le premier cas, si on prend l'exemple d'une industrie pétrolière, celle-ci doit réduire ses émissions de GES d'un nombre fixe de tonnes, quelle que soit sa croissance. Dans le second cas, la même entreprise doit réduire ses émissions par baril, ce qui ne l'empêche pas pour autant d'augmenter sa production.

Pour le groupe environnementaliste Sierra Club, « l'effet d'une cible basée sur l'intensité des émissions serait équivalent à réduire le pourcentage de goudron dans chaque cigarette de 15 % tout en permettant un fumeur de fumer cinq fois plus de cigarettes par jour, augmentant ainsi sa consommation de goudron de presque 400 %. »

Le gouvernement Harper a jusqu'ici toujours privilégié cette dernière approche, qui a notamment l'avantage de protéger la croissance de l'industrie des sables bitumineux dans l'ouest du pays, tout en donnant l'impression de lutter contre les GES.