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Le monde du cyclisme ébranlé

Radio-Canada

Les réactions fusent des quatre coins du globe au lendemain des révélations de la cycliste Geneviève Jeanson sur son usage d'EPO. Radio-Canada Sports a rencontré des athlètes, des entraîneurs et des psychologues.

Au lendemain de la diffusion des aveux de Geneviève Jeanson, la communauté cycliste est bouleversée.

Les soupçons pesaient déjà sur elle, surtout après avoir été déclarée positive à l'EPO, mais entendre la vérité directement de la bouche de la jeune femme fait mal.

« C'est sûr qu'à la fin elle est triste, je comprends, mais il y a beaucoup de monde aussi qui est triste aujourd'hui, a dit Daniel Mannibal, organisateur de grands événements cyclistes. Mois aussi je suis triste. »

Si les gens ont été surpris de l'aveu, plusieurs étaient déjà convaincus qu'elle se dopait. Le doute accompagne maintenant chaque victoire cycliste. D'ailleurs est-il simplement possible de gagner sans se doper?

« Dans mon cas, ce n'est pas vrai, et dans le sport, ce n'est pas vrai non plus, a estimé Lyne Bessette. Ce n'est pas vrai que tu ne peux pas atteindre des hauts niveaux sans le dopage. Moi, je l'ai fait. »

« J'ai couru en Europe et non, ce n'est pas vrai que c'est le dopage systématique, a ajouté Steve Rover, ancien cycliste. Tu en as, mais chez les filles c'est à 99,9 % propre. »

L'onde de choc s'est répandue aux quatre coins du globe tant il est rare qu'un athlète passe aux aveux. Mais dans ce phénomène, aujourd'hui bien plus grand que le sport ou les sportifs eux-mêmes, Louis Barbeau se garde une petite pensée pour Jeanson.

« Le plus grand malheur de Geneviève Jeanson, ça sera de ne pas savoir à quel point elle aurait pu être bonne si elle avait utilisé des moyens légaux », a expliqué le directeur de la Fédération québécoise des sports cyclistes.

La soif de performance

Jeanson a été un modèle sportif pour beaucoup de jeunes athlètes. Aujourd'hui, ses aveux soulèvent plusieurs questions sur le rôle de l'entraîneur, qui peut avoir une énorme emprise sur ses protégés.

« Parfois, prendre des substances pour favoriser la performance et les résultats, c'est très tentant pour l'athlète et aussi pour l'entraîneur, a jugé Sylvain Bruneau, entraîneur de l'équipe nationale de tennis féminin. Les entraîneurs doivent prendre une position ferme à ce sujet-là. »

Mais l'entraîneur n'est pas le seul responsable de l'encadrement de la jeune athlète. Bruno Ouellette, psychologue sportif, lance un appel à la vigilance des parents.

« Le premier signe de dérapage est lorsqu'une personne cherche à s'isoler ou lorsqu'on voit l'adulte ou l'entraîneur chercher à tout contrôler, à prendre les décisions. Le problème, c'est quand cette personne-là retient de l'information et a des secrets. »

Maintenant que Geneviève Jeanson a enlevé ce poids de sur ses épaules, elle pourra peut-être réparer sa vie brisée. Et pourquoi pas, par ses aveux, servir encore de modèle aux plus jeunes athlètes...

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