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Jeanson avoue

Radio-Canada

Après des années de déni, Geneviève Jeanson admet à l'émission Enquête avoir consommé de l'érythropoïétine (EPO) au cours de sa carrière.

« J'en ai pris. À Hamilton, sur le mont Royal, presque à l'année longue. T'as juste à ne pas en prendre 5 jours avant, pis t'es correct. »

Geneviève Jeanson, l'un des plus beaux joyaux du cyclisme canadien, s'est bel et bien dopée... à l'érythropoïétine (EPO), la drogue la plus communément utilisée dans le monde du cyclisme. Et ce, dès l'âge de 16 ans.

Ces révélations-chocs, la Québécoise de 26 ans les fait à notre collègue Alain Gravel à l'émission Enquête qui sera diffusée ce soir à 21 heures.

« Je savais que ce n'était pas bien. Je me suis fait prendre dans l'engrenage. Je ne savais pas quoi faire, je ne savais pas comment m'en sortir », avoue Jeanson qui vit maintenant à Phoenix, en Arizona.

Pourtant, pendant plus des trois quarts de l'émission, Jeanson est dans l'absolu déni.

À plusieurs reprises, elle martèle qu'elle n'a jamais pris d'EPO, une substance qui améliore la capacité cardiovasculaire, qu'elle n'a jamais reçu de transfusions.

« En 2004, c'est ma plus belle victoire sur le mont Royal. Je ne voulais plus prouver que j'étais la meilleure au monde, je voulais prouver que je n'étais pas dopée. C'était une question de survie, une question de vengeance. »

Deux mois auparavant, elle avait omis de se présenter à un test à la Flèche wallonne. Lors de la conférence de presse de la Coupe du monde de Montréal, elle avait été assaillie par de nombreux médias, à un point tel qu'elle avait fondu en larmes devant les caméras.

Une relation parfois violente

L'ancienne porte-couleurs de l'équipe RONA parle également de sa relation avec son entraîneur André Aubut qu'elle a épousé en avril 2006 pour divorcer six mois plus tard. Les deux confirment qu'ils se sont mariés par affaires (pour gérer un établissement de restauration rapide), mais ils ne se parlent plus depuis six mois.

Au plan sportif, leur relation était parfois violente verbalement. « Je gagnais des courses pour qu'il se ferme la gueule », confie-t-elle.

Jeanson affirme que c'est son entraîneur qui l'a incitée à se doper, ce qu'Aubut a nié catégoriquement. Dans une conversation téléphonique, il a soutenu que la décision a été prise d'un commun accord. Deux semaines plus tard, il se rétractait par courriel, écrivant qu'il ne savait pas que la cycliste de Lachine utilisait de l'EPO.

Pour guérir ses blessures morales, Jeanson a commencé une thérapie.

« Ce qui fait le plus mal, c'est d'avoir menti aux gens qui me croyaient. »

Dans cette première partie de l'émission, Jeanson passe aux aveux. Dans la deuxième partie, diffusée jeudi prochain le 27 septembre, Enquête tentera de répondre à d'autres questions. Qui lui a fourni l'EPO? Comment a-t-elle réussi à passer au travers des contrôles? Jusqu'où a été l'emprise d'Aubut sur Geneviève Jeanson?