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Sarkozy présente son contrat social

Radio-Canada

Le président français annonce son intention de réformer les régimes spéciaux de retraite, dont bénéficie le secteur ferroviaire, et qui accordent de meilleurs avantages que les autres régimes. Les syndicats et la gauche dénoncent en bloc l'initiative.

Le président français Nicolas Sarkozy a présenté mardi un programme de réformes parmi les plus controversés depuis son arrivée au pouvoir.

Le président Sarkozy a annoncé son intention de réformer « sans tarder » les régimes spéciaux de retraite. Ces régimes de retraite touchent environ 5 % des travailleurs français. Ils sont surtout présents dans les grandes entreprises publiques, comme le secteur ferroviaire, les transports publics parisiens ou encore l'industrie électrique et gazière.

Ces régimes spéciaux, instaurés surtout après la Deuxième Guerre mondiale à des catégories d'employés dont on estimait le travail particulièrement pénible, offrent de meilleurs avantages que les autres régimes de retraite. Par exemple, un conducteur de train peut prendre sa retraite dès l'âge de 50 ans, comparativement à 60 ans pour un Français appartenant à un autre régime. Le montant de la pension sera aussi établi en fonction des six derniers mois de salaire de l'employé, alors qu'elle est calculée sur 25 ans de travail pour un autre Français.

Toutefois, certain de ses régimes sont déficitaires, donc c'est l'État qui doit payer la facture. M. Sarkozy ajoute que ces régimes produisent maintenant plus « d'injuste que de justice. » Il veut donc harmoniser ces régimes avec celui de la fonction publique. Il a aussi dit souhaiter la fin des retraites avant 65 ans et augmenter la taxation des préretraites.

Le président français, qui a déjà rencontré les chefs syndicaux sur la question, souhaite que cette harmonisation des régimes de retraite se fasse dès le début de 2008. Il a d'ailleurs donné deux semaines à son ministre du travail, Xavier Bertrand, pour débuter les négociations avec les syndicats sur la question. Il a précisé que les pourparlers se feront « entreprise par entreprise. »

Une fois cette étape franchie, le président a laissé entendre qu'il voulait réformer l'ensemble des régimes de retraite français.

Un plan critiqué

Les syndicats se sont montrés perplexes face à l'initiative du président français. Ils jugent surtout que M. Sarkozy veut aller trop vite.

« Le calendrier qui nous est proposé est totalement intenable. Nous serons dans l'incapacité de faire tout ce qui nous est proposé dans les délais qui nous sont demandés », dit François Chérèque, secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT).

Le secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT), Bernard Thibeault, s'est dit très insatisfait de la proposition du président. « Nous voulons négocier pour pérenniser les systèmes, non pas négocier pour de nouveaux sacrifices pour l'ensemble des salariés » a-t-il ajouté.

Il a ensuite soutenu que les travailleurs pourraient se mobiliser comme ils l'avaient fait en 1995 lorsque le premier ministre de l'époque, Alain Juppé, avait voulu s'attaquer aux régimes spéciaux de retraite. Après trois semaines de conflit, il avait fini par faire marche arrière.

L'opposition a aussi dénoncé en bloc le plan de Nicolas Sarkozy. Le Parti socialiste (PS) a parlé de « reculs sociaux. » Le Parti communiste (PCF) a affirmé que M. Sarkozy voulait « dynamiter le modèle social français. »

D'ailleurs, le PS, le PCF et sept autres partis de la gauche ont élaboré une déclaration commune condamnant la politique de Nicolas Sarkozy, qu'ils qualifient de « plus vaste offensive anti-sociale de ces cinquante dernières années. »

Ils ont aussi lancé un vaste appel à la gauche pour se mobiliser.

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