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La concentration sous la loupe

La propriété des médias est-elle trop concentrée au pays? Proposent-ils une diversité suffisante des points de vue? Le milieu débat de la question cette semaine à Gatineau.

Une cinquantaine de groupes et de médias, dont Radio-Canada, donnent cette semaine leurs points de vue sur la convergence et la concentration des médias au pays.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) tient ces audiences publiques « sur la diversité des voix », comme les a baptisées l'organisme fédéral. Elles ont lieu du 17 au 21 septembre, à Gatineau, au Québec.

Le CRTC convoque cette réflexion au moment où se multiplient les fusions et les acquisitions dans l'industrie, surtout depuis 2000. Cette tendance « s'est traduite par une concentration de stations regroupées sous quelques grands conglomérats, dont la plupart contrôlent aussi plusieurs services payants et spécialisés », lit-on dans un document préparatoire du CRTC.

Radio-Canada, Quebecor Média, Astral Media, le Conseil de presse du Québec et l'Alliance des radios communautaires du Canada font partie des 55 groupes qui ont demandé à comparaître.

Concentration, déréglementation, mondialisation

Sylvain Lafrance, vice-président principal des Services français de Radio-Canada, était le premier à participer aux audiences, lundi matin.

La convergence des plateformes télévision, radio et Internet que réalise Radio-Canada nuit-elle à la diversité des voix?, lui a notamment demandé le CRTC.

« Notre convergence permet plutôt d'offrir plus de services d'information aux citoyens, a-t-il répondu. Ça ne vise pas à réduire le nombre de journalistes. »

Trois phénomènes frappent actuellement l'industrie des médias: la concentration, la déréglementation et la mondialisation. « Ce qui m'inquiète, c'est que les trois se produisent en même temps, poursuit Sylvain Lafrance. Il y a là alors un véritable danger à long terme pour l'identité et la culture canadiennes. »

Radio-Canada: « outil de diversité »

« Plus il y a de concentration, plus le diffuseur public apparaît comme une des solutions aux questions de concentration », affirme le numéro un des Services français de Radio-Canada.

Au terme du processus, l'organisme fédéral souhaite définir « un système, un peu comme en Australie, qui lui permettrait d'avoir des normes standardisées pour circonscrire » les acquisitions, explique Liza Frulla, ancienne ministre du Patrimoine canadien.

Un des objectifs de l'organisme fédéral est de veiller à ce que les médias continuent de refléter « la pluralité de la population du Canada » et d'offrir des « opinions divergentes sur des sujets qui l'intéressent », affirme-t-il dans sa politique de la radiodiffusion.