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Shinzo Abe démissionne

Radio-Canada

Touché par des scandales au sein de son gouvernement et confronté à une popularité sans cesse décroissante, le premier ministre annonce qu'il quitte son poste.

Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a brusquement annoncé sa démission mercredi, après une année tumultueuse au pouvoir.

Le chef de gouvernement de la deuxième puissance économique mondiale a expliqué ne pas être en mesure de négocier avec l'opposition, notamment au sujet de la prolongation d'une mission de soutien logistique aux opérations militaires en Afghanistan.

Il y a deux jours encore, devant le parlement, Shinzo Abe déclarait qu'il ferait tout pour prolonger cette mission, en vertu de laquelle la marine japonaise fournit du carburant et de l'eau aux bâtiments de guerre américains et alliés qui croisent dans l'océan Indien.

Deux navires canadiens, le NCSM Winnipeg et NCSM Toronto, participent en alternance à ce déploiement dans le cadre de l'opération ALTAIR. Ils effectuent des patrouilles de surveillance destinés à trouver des renseignements concernant les opérations d'Al-Qaïda dans la région.

L'opposition soutient que cette aide logistique contrevient à la constitution du Japon, qui précise que le Japon ne peut faire usage de son droit d'autodéfense que s'il est attaqué ou fait face à une situation d'atteinte à sa sécurité.

Des hauts fonctionnaires du Parti libéral démocrate (PLD) avaient précédemment indiqué que des raisons de santé avaient poussé Abe à quitter son poste, mais le principal intéressé n'en a pas fait mention lors de sa conférence de presse. Le prochain chef du parti, et donc premier ministre, sera choisi la semaine prochaine.

Des appels à la démission du premier ministre japonais se multipliaient depuis que le PLD, croulant sous les scandales, a subi une cuisante défaite lors des élections sénatoriales de juillet dernier.

Les parlementaires du PLD et des partis d'opposition se disent néanmoins ébahis que Abe ait choisi de quitter son poste au moment où le Parlement venait de commencer à siéger, alors qu'il disait encore récemment qu'il voulait continuer contre vents et marées.

La popularité du premier ministre n'a cessé de décroître depuis son arrivée au pouvoir, en septembre 2006. Un récent sondage du quotidien Yomiuri lui accordait le soutien d'à peine 30 % de la population, en dépit d'un important remaniement ministériel effectué à la fin août.

Une année houleuse

Devenu le plus jeune premier ministre japonais de l'après-guerre, à l'âge de 52 ans, M. Abe s'était déjà heurté à un mur d'indifférence, voire d'hostilité, de la population avec son programme très idéologique. Considéré comme un faucon, partisan de l'alliance avec les États-Unis, il a lancé un processus de révision de la Constitution pacifiste de 1947.

Toutefois, la population japonaise a montré plus de préoccupation pour les questions de l'emploi, du bien-être économique et du vieillissement de la population.

Le manque d'expérience et d'autorité du premier ministre Abe a surtout été mis en évidence par une série d'erreurs et de scandales financiers. Un énorme fiasco a notamment été révélé dans la gestion du système de sécurité sociale, lorsque 50 millions de dossiers de cotisants sont devenus inutilisables.

En décembre dernier, un proche de Shinzo Abe a dû démissionner pour une affaire de moeurs, suivi peu après par le secrétaire d'État pour les Réformes administratives, accusé de corruption. En février, le ministre de la Santé, Hakuo Yanagisawa, a qualifié les femmes de « machines à faire des enfants ». La déclaration a provoqué un tollé et a obligé le premier ministre à prendre sa défense.

En mai, le ministre de l'Agriculture, Toshikatsu Matsuoka, s'est suicidé après avoir été accusé de corruption. Enfin, en juillet, le ministre de la Défense, Fumio Kyuma, a été accusé d'avoir justifié les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki, durant la Deuxième Guerre mondiale, et a démissionné.

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