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Concert de réprobations

Radio-Canada

Le gouvernement Harper demande à Élections Canada de revenir sur sa décision de permettre aux femmes voilées de voter sans découvrir leur visage. Le Bloc québécois et le Parti libéral appuient cette demande.

Les partis politiques, tant à Ottawa qu'à Québec, critiquent sévèrement la décision d'Élections Canada de permettre aux femmes musulmanes qui portent un voile cachant entièrement leur visage, comme la burqa ou le niqab, de voter aux élections fédérales partielles du 17 septembre sans montrer leur visage.

Vendredi, le gouvernement conservateur a carrément demandé au directeur général d'Élections Canada de revenir sur sa décision. Le ministre des Transports, Lawrence Cannon, a déclaré qu'une telle mesure n'avait « aucun sens ». « La rectitude politique prend le dessus sur le bon sens », a-t-il dit.

Le ministre Cannon a invité tous les partis politiques fédéraux à faire front commun sur cette question.

Le Parti libéral du Canada a accédé à la requête des conservateurs et demande lui aussi au DGE, Marc Mayrand, de renverser sa décision. « Nous croyons que lors d'un scrutin, les citoyens canadiens ont la responsabilité de révéler totalement leur identité », a affirmé le chef Stéphane Dion.

Le Bloc québécois avait déjà agi dans le même sens plus tôt dans la journée en remettant une lettre de protestation officielle au directeur général d'Élections Canada pour lui demander de revenir sur sa décision. Dans la lettre, l'organisateur électoral en chef du parti, Mario Laframboise, affirme avoir été consterné par la décision, qu'il juge inadmissible.

Le leader parlementaire du Bloc québécois, Pierre Paquette, a qualifié quant à lui la décision d'Élections Canada de « ridicule », « presque d'un geste qui frôle la provocation ». M. Paquette ajoute que la loi oblige de voter en s'identifiant, ce qui ne peut se faire, dit-il, qu'en dévoilant son visage.

Le Nouveau Parti démocratique est le seul parti fédéral qui dit toujours s'en remettre à la décision d'Élections Canada. Le candidat dans Outremont, Thomas Mulcair, dit cependant que le DGE pourrait éventuellement adopter d'autres options, comme de permettre aux femmes portant la burqa ou le niqab de se dévoiler devant une autre femme pour se faire identifier.

« Une mauvaise idée », selon Charest

Au Québec, la grogne envers la décision d'Élections Canada continue de se faire sentir.

Le premier ministre et chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, a lui aussi désapprouvé la décision, qu'il juge « mauvaise ». Il a affirmé qu'Élections Canada a tort d'agir ainsi et a soutenu que l'organisme doit s'assurer que tout électeur soit identifié avant de pouvoir voter.

Il rappelle aussi que le débat sur la question a eu lieu au Québec lors de la dernière campagne électorale et que les responsables avaient pris la décision d'interdire cette pratique. « Je ne comprends pas pourquoi on mettrait en pratique une politique comme celle-là », a affirmé M. Charest.

L'Action démocratique du Québec, qui avait jugé jeudi la décision de « grossière erreur », est revenue à la charge. Vendredi, le chef de l'ADQ Mario Dumont a déclaré que le fait de voter le visage découvert était « non négociable ».

La chef du Parti québécois. Pauline Marois, dit que toute cette affaire relève d'une question de principe. Elle soutient ainsi que tout citoyen doit être traité de la même façon lorsqu'il veut exercer son droit de vote.

Le DGE du Québec maintient le cap

Même si la décision d'Élections Canada ne touche pas les élections provinciales du Québec, le directeur général des élections du Québec, Marcel Blanchet, a décidé de réagir.

M. Blanchet va utiliser ses pouvoirs spéciaux pour changer la loi, comme il l'a fait en mars dernier lors des élections générales, pour obliger toute électrice voilée à découvrir son visage lors de l'élection partielle qui aura lieu le 24 septembre dans Charlevoix.

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