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Votre médecin est-il à l'écoute?

Radio-Canada

Selon une étude réalisée à l'Université McGill, les médecins qui ne réussissent pas un test en communication sont plus susceptibles d'être la cible de plaintes de la part de leurs patients.

Les médecins qui ont échoué à leur examen d'aptitudes en communication (EAC) avec les malades font beaucoup plus souvent l'objet d'une plainte de la part d'un patient.

C'est ce que révèle une étude publiée dans la revue Jama.

Elle a été réalisée par l'équipe de l'unité de recherche du Centre informatique clinique et de santé McGill, dirigée par Robyn Tamblyn.

L'équipe de Mme Tamblyn a suivi 3424 médecins québécois ou ontariens qui ont passé, entre 1993 et 1996, l'EAC administré par le Conseil médical du Canada. Au total, 6677 médecins canadiens ont passé l'EAC pendant la même période.

La communication des médecins scrutée à la loupe

Le suivi de ces médecins a continué jusqu'en 2005. Voici quelques exemples de comportements qui étaient mal notés:

  • comportement condescendant
  • comportement offensant
  • jugement
  • ignorance de la réponse du patient

L'étude montre une forte corrélation entre les résultats de l'examen et les plaintes déposées plus tard par des patients.

Mme Tamblyn va jusqu'à parler d'une réaction dose-réponse. « Plus la note est élevée, dit-elle, moins il y a de plaintes. Et cela reste vrai, peu importe qu'il s'agisse d'une femme, d'un homme ou d'un diplômé étranger, et que l'on soit au Québec ou en Ontario. Le résultat est étonnamment concluant. »

Au total, 1116 plaintes ont été déposées contre les 3424 médecins québécois ou ontariens. De ces plaintes, 696 ont été retenues par les autorités. Les 853 médecins dont les résultats à l'EAC étaient les plus faibles ont fait l'objet de plaintes d'une façon tout à fait disproportionnée. 34 % des plaintes (236) avaient été déposées contre eux. C'était 170 plaintes (257 %) de plus que le nombre prévu par les statistiques.

« La bonne nouvelle, c'est qu'il est possible d'effectuer ce genre d'évaluation beaucoup plus tôt et d'améliorer de ce fait le sort des médecins et des malades », déclare Mme Tamblyn. « On pourrait même l'intégrer au processus d'admission dans les écoles de médecine. Nous avons besoin de médecins qui savent communiquer. La sélection devrait se faire non pas uniquement sur la base du quotient intellectuel, mais aussi du quotient émotionnel. »

Une première mondiale

Le Conseil médical du Canada a été le premier organisme au monde à inclure, dans les années 1990, un test d'aptitudes en communication entre le médecin et le malade dans son processus d'accréditation à la profession médicale. Les États-Unis ont imposé un test semblable en 2005. Mme Tamblyn s'attend à ce que les résultats du test américain se comparent à ceux du test canadien.

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