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Nouvelle intrigue politico-judiciaire

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Moscou est encore une fois le théâtre d'une complexe guérilla judiciaire à l'encontre d'un oligarque tombé en disgrâce, une affaire qui n'est pas sans rappeler les intrigues contre Ioukos et qui inquiète grandement le secteur privé.

L'appétit du Kremlin de Vladimir Poutine pour les grandes entreprises du secteur énergétique pourrait bien avoir fait une autre victime.

En effet, la justice russe a lancé, vendredi, un mandat d'arrêt international à l'encontre de Mikhaïl Goutseriev, l'ancien président du septième groupe pétrolier russe, Roussneft.

Selon le parquet moscovite, à l'origine des poursuites pour fraudes fiscales intentées plus tôt cette année à l'encontre de Goutseriev, l'oligarque en disgrâce pourrait bien avoir déjà quitté le pays. La presse russe croit que l'homme d'affaires pourrait avoir trouvé refuge en Azerbaïdjan où il peut compter sur l'amitié du président Ilham Aliyev, ou bien à Londres, ville qui héberge plusieurs opposants au président Vladimir Poutine.

Mikhaïl Goutseriev s'est défendu d'avoir fait quoi que ce soit de répréhensible, se disant, en juillet dernier, victime d'une « traque sans précédent » de la part du fisc russe.

Pour de nombreux observateurs avisés, dont l'ancien premier ministre russe Mikhaïl Kassianov et d'anciens dirigeants du défunt groupe pétrolier Ioukos, les tuiles qui s'abattent sur l'empire de Mikhaïl Goutseriev ne sont pas sans rappeler l'affaire du même nom.

Rappelons qu'au terme d'une longue saga judiciaire fondée essentiellement sur des accusations d'évasions fiscales, le groupe Ioukos, alors dirigé par un oligarque opposé à Vladimir Poutine, Mikhaïl Khodorkovski, a été démantelé et cédé à rabais au groupe public Rosneft, dirigé par des proches de Poutine. Khodorkovski, quant à lui, a été jeté en prison en Sibérie où il purge une peine de huit ans de détention pour fraude.

C'est d'ailleurs fort probablement pour éviter de subir le même sort que Mikhaïl Goutseriev a disparu. D'autant plus que la semaine dernière, alors que la pression sur le milliardaire devenait de plus en plus forte, son fils de 22 ans a été retrouvé mort dans des circonstances nébuleuses dans son appartement moscovite.

Le groupe Roussneft est depuis le début de l'été la cible de toutes les convoitises. Ainsi, au lendemain de sa démission, Mikhaïl Goutseriev laissait entendre qu'il comptait céder Roussneft à un autre oligarque très actif à Moscou, Oleg Deripaska, réputé proche de Poutine. Selon d'anciens dirigeants de Ioukos, interrogés par le quotidien suisse Le Temps, Deripaska voulait acquérir Roussneft à bas prix pour ensuite le céder à Rosneft.

Toutefois, selon le quotidien russe Kommersant, le plan de Deripaska a échoué en raison de la vive rivalité que lui opposait le patron même de Rosneft, Igor Stechine, une figure clé de l'administration Poutine, soupçonné d'être le grand orchestrateur de la prise de contrôle de Ioukos par l'État.

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