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Deux sages-femmes blâmées

Radio-Canada

Selon le coroner Paul Dionne, la mort d'un bébé lors d'un accouchement à domicile en novembre 2006 aurait pu être évitée.

Un rapport du coroner Paul Dionne, publié mercredi, blâme deux sages-femmes pour un accouchement qui a mal tourné en novembre 2006, à Montréal.

Le bébé qu'elles tentaient de mettre au monde serait mort, une quinzaine de minutes avant sa naissance, d'asphyxie par aspiration de liquide méconial. Selon le Dr Dionne, cette mort aurait pu être évitée.

Selon le rapport, plusieurs facteurs annonçaient des risques de complications possibles.

La mère de 27 ans, qui avait des antécédents familiaux de grossesses difficiles, en était à sa première grossesse. La tête du bébé, considéré gros, n'était pas orientée de la façon habituelle. L'accouchement était donc jugé plus risqué qu'avec un bébé normalement positionné.

De plus, la présence de méconium, c'est-à-dire des selles de l'enfant, dans le liquide amniotique de la mère aurait dû alerter les sages-femmes. Le méconium, lorsque libéré durant les contractions, est souvent relié à un problème d'asphyxie de l'enfant.

Au cours de l'accouchement, il y a également eu un arrêt du travail pendant environ 2 h 30.

Une épisiotomie (incision du périné en vue d'éviter les déchirures) d'urgence a été envisagée par les sages-femmes, mais la mère l'a refusée.

Selon le coroner, la mère aurait dû être transférée très rapidement à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, situé à seulement quelques minutes de son domicile.

« Je pense que les sages-femmes ont identifié tous les problèmes, mais elles auraient dû médicaliser un peu plus l'opération et faire appel à leurs ressources qui sont en stand-by. Il n'y a pas de honte à faire 9-1-1 », explique le Dr Dionne.

Les recommandations

Parmi les 15 recommandations transmises à l'Ordre des sages-femmes du Québec, le coroner Dionne recommande une plus grande médicalisation de l'acte d'accouchement par ses membres lorsque les risques de complications sont importants.

Il ne demande pas au gouvernement du Québec de revoir les lois qui régissent le travail des sages-femmes. « Ce n'est pas mon travail. Mes recommandations vont dans le sens:« Ayez donc plus d'algorithme [des règles précises de fonctionnement] ! ». Il y a un moment donné où il faut médicaliser l'acte. Ce ne n'est pas Inchallah [Si Dieu le veut] cette chose-là. Il faut crier au secours au plus vite », conclut M. Dionne.

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