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Nouvelles victimes canadiennes

Radio-Canada

Deux soldats de Valcartier et un interprète afghan sont tués, et un caméraman de Radio-Canada est blessé quand leur convoi saute sur une mine, à l'ouest de Kandahar. Le journaliste Patrice Roy en sort indemne.

En Afghanistan, le convoi dans lequel prenaient place le journaliste Patrice Roy et le cameraman Charles Dubois, de Radio-Canada, a sauté sur une mine mercredi, dans le district de Zhari, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Kandahar.

Deux soldats de Valcartier et un interprète afghan ont été tués dans l'explosion de l'engin artisanal, et le cameraman-monteur Charles Dubois a été grièvement blessé à la jambe. Ce dernier a dû subir une intervention chirurgicale, mais sa vie n'est pas en danger. Un autre soldat canadien a été blessé, rapporte l'OTAN.

Patrice Roy, qui était en reportage sur le travail des troupes canadiennes en Afghanistan, n'a pas été blessé, mais il souffre d'un choc nerveux.

Les militaires de Valcartier faisaient partie du groupement tactique du 3e bataillon, membre du Royal 22e Régiment. Leur identité n'a pas encore été révélée, ni celle de l'interprète afghan.

Leur mort survient au terme d'une journée au cours de laquelle les militaires canadiens ont eu de violents combats avec les talibans et au moment même où la dépouille du soldat Simon Longtin, du Royal 22e Régiment, a été rapatriée au Canada.

Ces nouvelles pertes portent à 69 le nombre de militaires canadiens qui ont perdu la vie en Afghanistan depuis le début de la mission dans le pays, en 2002.

Le caméraman Charles Dubois a beaucoup d'expérience dans la couverture de conflits, ayant notamment été en Irak. Il en est à son quatrième voyage en Afghanistan. En décembre dernier, il a accordé une entrevue à radio-canada.ca/nouvelles juste avant son départ avec le journaliste de la radio, Frédéric Nicoloff. Lisez l'entrevue

Radio-Canada éprouvée

Toute l'équipe de Radio-Canada a été touchée par les événements. « Nos premières pensées aujourd'hui allaient vers Charles, vers Patrice, vers les familles et aussi vers l'ensemble de nos collègues. Radio-Canada est une grande famille et tout le monde est touché par cet incident [...] Je souhaite la meilleure des chances à Charles et à Patrice et nous allons faire tout ce qu'il faut pour qu'ils reviennent très vite avec nous », a dit Sylvain Lafrance, vice-président principal des Services français de Radio-Canada.

En conférence de presse en début de soirée, M. Lafrance a indiqué avoir appris la nouvelle vers 12 h 30 des Forces canadiennes. Pour l'instant, Patrice Roy se repose à Kandahar et Radio-Canada va discuter avec lui au cours des prochaines heures pour la suite des choses. Il pourrait ainsi être rapatrié bientôt avec Charles Dubois.

La direction dit être très consciente des dangers de la mission en Afghanistan, mais cet attentat ne devrait pas remettre en cause la couverture d'événements et de conflits internationaux. Cependant, elle va réévaluer au cours des prochaines heures si Bernard Derome partira pour l'Afghanistan jeudi soir, comme c'était prévu. Ce sont M. Derome et la personne qui doit l'accompagner qui décideront.

Malgré l'incident, Alain Saulnier, directeur général de l'Information de Radio-Canada, a précisé que les journalistes qui se rendent dans des zones en conflit sont bien préparés. Avant de partir, les journalistes suivent un entraînement spécialisé donné par une firme en Angleterre. M. Saulnier a cependant indiqué qu'on ne peut tout prévoir en situation de guerre.

« Parfois, c'est sur le plan théorique qu'on va parler du danger d'être journaliste dans des situations de conflit ou dans des situations de tension. Or, ce à quoi on a assisté aujourd'hui, c'est une véritable démonstration qu'il ne s'agit pas juste de théorie, mais qu'il s'agit de pratique », a-t-il dit.

Radio-Canada rappelle aussi que les départs sont toujours volontaires, mais que l'armée ne peut garantir la sécurité absolue des journalistes qui les accompagnent sur le terrain.

Des mesures de soutien ont aussi été prises pour appuyer les familles et les collègues des journalistes impliqués dans l'incident.

Réactions à Ottawa et Québec

Les réactions politiques n'ont pas tardé. Tout d'abord à Ottawa, les chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, et du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, ont exprimé leur tristesse face aux événements et ont rendu hommage aux soldats tombés au combat. Ils ont aussi salué le travail et courage des journalistes impliqués dans l'incident.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a lui aussi offert ses condoléances aux familles des deux soldats et de l'interprète morts dans l'attentat. Il a ensuite souhaité un prompt rétablissement à MM. Dubois et Roy.

Le premier ministre Stephen Harper a été le dernier chef fédéral à faire connaître sa réaction, tard mercredi soir. Par voie de communiqué, il a offert ses sympathies aux parents et amis des victimes. « Ces soldats ont donné leur vie pour apporter la stabilité et la sécurité en Afghanistan », mentionne-t-il.

À Québec, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a offert ses condoléances aux familles des victimes. Elle a aussi salué le « courage et le sens du devoir » des soldats qui risquent leur vie en Afghanistan. Elle a aussi souhaité prompt rétablissement au soldat et aux journalistes blessés dans l'incident.

Le ministre de la Santé et responsable de la région de la Capitale-Nationale, Philippe Couillard, dont un fils étudie pour devenir officier dans les Forces canadiennes, s'est dit très touché par les événements.

Valcartier en peine, mais déterminée

En soirée, les responsables militaires de la base de Valcartier ont indiqué avoir été attristés par la nouvelle de la mort de deux des leurs et ont offert leurs condoléances aux familles et proches des victimes.

Le lieutenant-colonel Hercule Gosselin, commandant par intérim de la garnison de Valcartier, a ensuite indiqué que la volonté des soldats de la base de mener à terme la mission n'était cependant pas affaiblie par les derniers incidents.

Selon lui, « la meilleure façon d'honorer nos camarades, c'est d'aller jusqu'au bout face à cette mission. »