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Dion passe à l'attaque

Radio-Canada

Le chef libéral dénonce à son tour le manque de transparence entourant les discussions qui auront lieu au Château Montebello la semaine prochaine. Les comités parlementaires, dit-il, doivent être tenus informés.

Le chef libéral Stéphane Dion a dénoncé à son tour, vendredi, le secret entourant les discussions qui se dérouleront lors du sommet de Montebello, organisé dans le cadre du Partenariat sur la sécurité et la prospérité.

Le chef de l'opposition officielle a présenté un programme en six points destiné au premier ministre Stephen Harper en prévision de la rencontre tripartite, qui aura lieu lundi et mardi au Château Montebello.

Il demande entre autres à ce qu'un compte rendu trimestriel des travaux effectués dans le cadre du Partenariat soit publié et que la composition des groupes de travail et des personnes ressources consultées soient divulguée.

Toutes les questions traitées dans le cadre du partenariat qui sont relatives au commerce international, à l'environnement, à la santé et à l'agriculture devraient être étudiées devant les comités des Communes appropriés, a plaidé M. Dion.

Il a notamment dénoncé que les conservateurs cherchent à harmoniser les normes canadiennes sur les pesticides avec les normes américaines, ce qui pourrait entraîner, selon lui, une dégradation des exigences en la matière pour le Canada.

De l'eau et de Guantanamo

Stéphane Dion est aussi revenu à la charge au sujet de l'eau canadienne qui, dit-il, ne doit pas être à vendre. Il soutient que les libéraux ont eu vent de discussions informelles à ce sujet, malgré le fait que l'entourage du premier ministre eut déclaré, jeudi, que rien de tel ne figurait à l'ordre du jour.

M. Dion souhaite en outre que le seul détenu canadien à la prison militaire de Guantanamo Bay, Omar Khadr, soit traduit devant un tribunal légitime et qu'il bénéficie des protections garanties aux autres citoyens. Omar Khadr devrait pouvoir bénéficier des services consulaires et ne pas être sujet à la peine de mort. À défaut d'obtenir satisfaction, a dit le chef libéral, Omar Khadr devrait être rapatrié au pays.

M. Dion demande également au premier ministre Harper d'informer le président Bush que la mission de combat canadienne en Afghanistan prendrait fin en février 2009. Il a finalement plaidé pour que le premier ministre fasse pression sur George W. Bush afin de lutter contre les armes à feu importées illégalement au Canada.

Un cadre de discussions

M. Dion a affirmé que le Parti libéral considérait les États-Unis comme des amis et des alliés, mais pas comme un modèle. Cette distinction, dit-il, a été perdue de vue par les conservateurs de Stephen Harper. Il a également raillé les néo-démocrates, qu'il accuse de sombrer dans l'antiaméricanisme.

Le Partenariat sur la sécurité et la prospérité a été convenu en 2005 entre les présidents américain et mexicain et le premier ministre canadien, qui était à l'époque Paul Martin. Il ne s'agit pas d'un traité formel, mais d'un cadre de discussions qui vise à accroître l'intégration des normes de sécurité et de l'économie des trois pays de l'ALENA.

Le sommet devrait également permettre d'aborder les questions de la souveraineté canadienne en Arctique, que les États-Unis ne reconnaissent pas, des changements climatiques, de la préparation aux catastrophes naturelles et aux pandémies et de la situation au Proche-Orient.

Le NPD dénonce le PSP

De son côté, le Nouveau Parti démocratique ne fait pas de mystère de son opposition au Partenariat sur la sécurité et la prospérité. Il juge le processus antidémocratique pour les populations des trois pays.

Selon eux, le PSP ne peut que nuire à la capacité du Canada d'adopter des politiques autonomes sur les plans économique, social, culturel et environnemental. L'harmonisation des normes entre les trois pays, croit-il, se traduira par un nivellement vers le bas.

Le député néo-démocrate Peter Julian, qui siège au comité permanent du Commerce international, doit d'ailleurs déposer une motion aux Communes cet automne pour réclamer que le PSP soit suspendu jusqu'à ce que des débats publics aient lieu à ce sujet.

Un contre-sommet pour les Verts

Pour exprimer leur opposition au PSP, les Verts organisent eux-mêmes un contre-sommet lundi, jour d'ouverture de la rencontre officielle. Le parti d'Elizabeth May compte participer à des manifestations, les 19 et 20 août.

Le PSP, dénonce la chef de parti, intègre les politiques étrangères, militaires, commerciales et économiques du Canada, des États-Unis et du Mexique, sans que les parlementaires ne puissent y participer.

« La menace d'une surveillance généralisée des citoyens, d'émissions de gaz à effet de serre provenant de l'industrie des sables bitumineux, d'une dépendance accrue envers les combustibles fossiles, d'une privatisation de l'eau, de l'érosion de la sécurité alimentaire et des normes environnementales et d'un pouvoir institutionnel aux dépens de la stabilité économique pour les travailleurs sont quelques-unes des raisons pour lesquelles nous nous opposons au PSP », a expliqué Mme May par voie de communiqué.