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Plaidoiries: le choc des thèses

Radio-Canada

Bien que la commission ne cherche pas de coupable, les procureurs des diverses parties ont rejeté le blâme de l'effondrement sur autrui, mardi. Transports Québec et Desjardins-Sauriol se sont jetés la pierre par avocats interposés.

Les avocats de la firme d'ingénieurs-conseils à l'origine de la conception du viaduc, Desjardins-Sauriol, et ceux du ministère des Transports du Québec (MTQ), se sont affrontés, mardi lors des plaidoiries de la commission Johnson.

Dernière étape de la commission avant la rédaction de son rapport, les plaidoiries ont opposé deux thèses principales qui tentent d'expliquer l'effondrement du viaduc de la Concorde le 30 septembre 2006:

  • Une mauvaise conception
  • Un entretien déficient
  • La thèse des concepteurs

    Le procureur de la firme Desjardins-Sauriol, a rejeté la responsabilité de l'effondrement sur le MTQ. Lors de son passage devant la commission, l'avocat Patrick Henry a tiré à boulet rouge sur le MTQ tout en défendant le travail de ses clients.

    M. Henry a soutenu que le viaduc de la Concorde respectait les normes de conception en vigueur à l'époque et qu'il avait été mal entretenu par le MTQ. Tout en reconnaissant que la surveillance, également sous la responsabilité de ses clients, avait été imparfaite, M. Henry a soutenu que le MTQ a eu trois occasions de déceler les erreurs de construction - notamment l'absence d'armature anticisaillement - et les faiblesses de la structure.

    Non seulement les travaux de 1992 ont été mal exécutés et ont vraisemblablement pu endommager la structure, mais - bien qu'ils aient été l'occasion idéale et exceptionnelle de faire les constats appropriés sur l'état de la structure, de la disposition des aciers et de la qualité du béton - cette occasion n'a jamais été saisie.

    L'avocat de Desjardins-Sauriol, Patrick Henry

    « Puisqu'aucune des occasions subséquentes n'a permis de rattraper cette erreur fondamentale, poursuit M. Henry, une mauvaise décision ou l'absence de décision appropriée à cette occasion devait avoir des conséquences directes sur l'effondrement 14 années plus tard. »

    Les trois occasions ratées du MTQ

  • 1992 - Réparation des joints de dilatation du viaduc
  • 2004 - Inspection spéciale du viaduc par le MTQ
  • 2006 - Inspection du patrouilleur du MTQ quelques heures avant l'effondrement
  • La thèse du MTQ

    De son côté, le MTQ montre du doigt la conception et la construction du viaduc pour l'effondrement de la structure. Selon son avocat, Pierre Argouin, les experts consultés par la commission Johnson sont unanimes sur les 3 principales causes de l'effondrement soit :

    « Il y a trois causes principales de l'effondrement qui ont été reconnues par les experts, et, c'est un consensus auquel tous les experts ont convenu. Et, évidemment ce sont les causes principales de l'effondrement, et, ce ne sont pas des causes autres qui sont les causes principales de l'effondrement contrairement à ce que Me Henry a mentionné tantôt », a déclaré l'avocat du MTQ, Pierre Argouin

    Les 3 principales causes reconnues par les experts de la commission

  • Mauvaise conception
  • Mauvaise installation des armatures d'acier
  • Mauvaise qualité du béton
  • Au-dessus de la mêlée

    Le président de la commission, Pierre Marc Johnson, s'est dit préoccupé pour l'avenir des structures au Québec après les interventions des procureurs.

    M. Johnson croit qu'il faudrait mieux encadrer les ingénieurs des firmes-conseils pour s'assurer qu'ils réalisent les travaux conformément aux normes exigées.

    S'il n'y a personne dans le système qui regarde si ces gens ont exécuté leurs responsabilités comme contracteur ou comme ingénieur, ultimement - si quelqu'un dans le processus a abdiqué de sa responsabilité ou a fait une erreur majeure - il n'y a personne qui est là pour rattraper ça.

    Le président de la commission, Pierre Marc Johnson

    Une dernière voix s'est faite entendre à la commission quand la coalition pour l'entretien et la réfection du réseau routier du Québec a proposé la création d'une nouvelle société d'État responsable des infrastructures. Selon cette proposition, le MTQ serait ainsi scindé en deux parties pour que l'entretien et la réfection soient confiés à une société non assujettie à des pressions politiques. Elle propose également l'attribution des budgets du MTQ quatre ou cinq ans à l'avance pour lui permettre une meilleure planification à long terme.

    La commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde tente de trouver les causes de l'effondrement du viaduc de la Concorde survenu le 30 septembre 2006. La tragédie avait coûté la vie à 5 personnes en plus d'en blesser 6 autres.

    Le rapport de la commission, qui aura coûté 5 millions de dollars à la fin de son mandat, est attendu pour le 15 d'octobre.