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Une maladie sociale contagieuse

Radio-Canada

Quand un individu devient obèse, cela augmente le risque que ses proches le deviennent aussi, concluent deux chercheurs américains dans une nouvelle étude.

L'amitié fait grossir ou maigrir.

L'obésité ou la minceur ne sont pas affaires personnelles, mais interpersonnelles.

C'est ce que révèle une étude menée par des chercheurs des universités Harvard et de la Californie à San Diego.

Dans leur étude publiée le 26 juillet par The New England Journal of Medicine, Nicholas Christakis et James Fowler affirment que l'obésité se répand par les réseaux sociaux.

Quand un individu gagne du poids, cela augmente sensiblement le risque que ses amis, ses frères ou son conjoint gagnent du poids de la même manière.

Attention les amis!

Ceux qui risquent de prendre le plus de poids, ce sont les amis. Selon les chercheurs, quand un individu devient obèse, cela augmente de 57 % le risque que son ami devienne obèse lui aussi. Pour son frère, le risque tombe à 40 % et il descend à 37 % pour sa femme.

Par contre, sa prise de poids n'a aucun impact sur ses voisins, s'ils ne font pas partie de son réseau d'amis. De plus, la distance géographique entre deux personnes d'un même réseau social ne réduit pas le risque.

« Ce que nous constatons, c'est que l'obésité d'une personne peut influencer de nombreuses autres personnes avec lesquelles elle est en relation directe et indirecte », affirme Nicholas Christakis, professeur à l'école de médecine de l'Université Harvard. « En d'autres termes, ajoute-t-il, les personnes obèses ou non obèses ne cherchent pas simplement des personnes qui leur ressemblent. Mais, plutôt, il y a une relation de cause à effet directe. »

L'obésité monte en flèche

Depuis 25 ans, l'incidence de l'obésité chez les adultes américains a plus que doublé, grimpant de 15 % à 32 %. Par ailleurs, environ 66 % d'entre eux sont considérés comme ayant un surpoids.

Nicholas Christakis and James Fowler ont étudié les réseaux sociaux de 12 067 personnes pendant 36 ans. Ils se sont penchés sur un total de 38 611 liens familiaux et sociaux.

« Le fait que les voisins ne s'influencent pas mutuellement, note Nicholas Christakis, et que la séparation géographique n'influe pas sur le risque entre frères ou entre amis montre que les facteurs environnementaux ne sont pas essentiels. Ce qui semble se passer c'est qu'une personne qui devient obèse produit probablement un changement de normes sur ce qui est considéré comme un poids approprié. Les gens en arrivent à penser qu'il normal d'être plus gros puisque ceux qui nous entourent sont plus gros, et cette façon de penser se répand. »

Les auteurs concluent que l'obésité doit être considérée non seulement comme un problème clinique, mais aussi comme un problème de santé publique.