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Conrad Black coupable

Radio-Canada

Après plusieurs semaines de délibérations, l'homme d'affaires d'origine canadienne est reconnu coupable par la justice américaine de 4 chefs d'accusation sur 13.

Après 12 jours de délibérations, le jury américain a finalement prononcé à l'unanimité, vendredi, un verdict de culpabilité à l'endroit de Conrad Black pour 4 chefs d'accusation sur 13.

L'homme d'affaires de 62 ans, d'origine canadienne, a été reconnu coupable de trois chefs d'accusation de fraude et d'un autre d'entrave à la justice. Conrad Black encourt jusqu'à 35 ans de prison et une amende de 1 million de dollars.

L'accusation d'entrave à la justice est la plus grave, puisqu'elle pourrait valoir à Conrad Black jusqu'à 20 ans d'emprisonnement. Black avait été filmé par une caméra de surveillance alors qu'il déplaçait 13 boîtes de documents dans ses bureaux de Toronto, en contravention avec une ordonnance du tribunal lui interdisant de toucher à tout ce qui pourrait constituer une preuve.

Les trois chefs de fraude sont tous liés aux très complexes indemnités de non-concurrence négociées lorsque Hollinger International a vendu des centaines de journaux.

La peine maximale d'emprisonnement, pour ces accusations, est rarement imposée. La durée d'un éventuel emprisonnement sera déterminée par la juge Amy St. Eve le 30 novembre. Jeudi prochain, Conrad Black saura s'il peut rester en liberté en attendant de recevoir sa sentence. Entre-temps, il n'a pas été incarcéré, mais a dû remettre son passeport.

Les trois coaccusés de Black - les anciens vice-présidents John Boutbee, Peter Atkinson et l'avocat Mark Kipnis - ont chacun été déclarés coupables de trois chefs de fraude.

Les avocats de l'homme d'affaires et lord britannique ont annoncé qu'ils porteront cette sentence en appel. L'avocat Eddie Greenspan était visiblement déçu à sa sortie du tribunal. Il affirme qu'une sentence maximale pour son client serait exagérée, compte tenu du verdict des jurés.

Au début du procès, M. Black était accusé de 13 chefs totalisant 92 millions de dollars. Il a été acquitté de tous les chefs centraux et jugé coupable de seulement 4, qui ne totalisent plus que 2,9 millions.

Eddie Greenspan, avocat de Conrad Black

Les neuf chefs pour lesquels Conrad Black a été acquitté portaient sur l'abus de fonds de l'entreprise, notamment à l'occasion d'un voyage personnel à bord de l'avion de la société, afin d'aller passer des vacances dans une île du Pacifique, et pour avoir refilé aux actionnaires une facture de plusieurs milliers de dollars pour une réception d'anniversaire organisée en l'honneur de sa femme.

La poursuite reprochait dans l'ensemble à Conrad Black et à certains de ses associés d'avoir détourné plus de 80 millions de dollars par le biais, entre autres, d'un montage financier frauduleux lors de la vente d'actifs de Hollinger International au groupe de presse canadien Canwest en 2001.

La chute d'un Lord

Dans ses belles années, fin 1990, Conrad Black était à la tête du troisième empire de presse au monde, incluant des titres comme le Daily Telegraph de Londres, le National Post au Canada, le Jerusalem Post en et le Chicago Sun-Times.

En 2001, Conrad Black renonce à sa citoyenneté canadienne pour accéder à la Chambre des Lords britannique. Dans les mois qui suivent, le magnat de la presse liquidera plusieurs de ses holdings canadiens au profit du groupe Can West d'Izzy Asper.

À l'automne 2003, accusé de malversations financières par des actionnaires et investisseurs du groupe Hollinger International, il démissionne du poste de chef de la direction de Hollinger.

En janvier 2004, Conrad Black vend sa participation dans Hollinger Inc. au groupe britannique Press Holding International après avoir été limogé de son poste de président du conseil de Hollinger International.