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Violence contre les femmes autochtones : changer les mentalités

Radio-Canada

La cinquième Rencontre continentale des femmes autochtones des Amériques se tient présentement à Kahnawake, sur la Rive-Sud de Montréal. En tout, 250 femmes autochtones provenant de 17 pays sont présentes.

La conférence est surtout l'occasion de débattre d'un sujet important qui touche les communautés autochtones, soit la violence à l'égard des femmes.

Mardi, un premier constat s'est imposé: pour briser le cycle de la violence contre les femmes autochtones, il faudra un changement considérable des mentalités. « C'est une lutte constante pour pouvoir s'attaquer à ces questions dans nos communautés », a déclaré Beverley Jacobs, présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada. « Les femmes sont la cible de violence depuis la colonisation », a-t-elle ajouté.

Les statistiques lui donnent raison. Un rapport du Centre canadien de la statistique juridique, dévoilé en 2006, indique que les autochtones vivant dans les réserves courent des risques beaucoup plus importants d'être victimes d'agressions sexuelles que le reste de la population. Pour pallier le problème, la ministre fédérale du Statut de la femme, Bev Oda, a annoncé récemment qu'Ottawa consacrerait 56 millions de dollars en cinq ans à des programmes de prévention de la violence familiale dans les communautés autochtones.

Devant les statistiques alarmantes, les femmes réunies à Kahnawake ont proposé différentes solutions. Elles ont notamment mentionné des actions concrètes telles que des poursuites en justice et la hausse des budgets d'aide. D'autres intervenantes soutiennent cependant que, pour mettre un frein à la violence systématique contre les femmes autochtones, des changements culturels fondamentaux devront être adoptés.

Mme Jacobs, une Mohawke de Caledonia, en Ontario, établit ainsi un lien entre la destruction de l'environnement, la « Terre Mère », et le manque de respect envers les femmes.

Les intervenantes critiquent aussi que le fait que les autochtones doivent se plier à des décisions prises par des non-autochtones, les empêchant ainsi de vivre selon leurs traditions. Selon Mme Jacobs, la solution ultime à la violence contre les femmes autochtones serait d'ailleurs de retourner aux modes traditionnels de gouvernance.

D'autres, comme Peggy Bird, une avocate d'un groupe de femmes autochtones des États-Unis, soutiennent que la perception de la violence a été façonnée par l'utilisation de langues non traditionnelles, comme le français et l'anglais. Elle insiste aussi sur l'importance, pour les autochtones, de ne pas se replier sur eux-mêmes pour résoudre leurs problèmes et de se laisser aider par des non-autochtones.

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