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48 mois de prison pour Jean Lafleur

Radio-Canada

L'ex-publicitaire, qui a plaidé coupable à 28 chefs d'accusation de fraude aux dépens du gouvernement fédéral, devra aussi rembourser près de 1,6 million de dollars, plus des amendes de 14 000 $.

L'ex-publicitaire Jean Lafleur écope de la peine la plus sévère prononcée contre un des acteurs du scandale des commandites.

La juge Suzanne Coupal, de la Cour du Québec, l'a condamné à 48 mois de prison. Comme il est incarcéré depuis trois mois, soit depuis qu'il a plaidé coupable à 28 chefs d'accusation de fraude aux dépens du gouvernement fédéral, Jean Lafleur doit maintenant purger 42 mois de prison.

De plus, la juge Coupal a conclu que Jean Lafleur était solvable, considérant les sommes qu'il a encaissées pour la vente de sa maison en 2004 (1,4 million de dollars), sa collection d'oeuvres d'art et son train de vie. Il devra donc rembourser 1 568 561,17 $, plus des amendes de 500 $ par chefs d'accusation, soit un total de 14 000 $.

Jean Lafleur est demeuré imperturbable à la lecture du verdict, et son avocat, Me Jean-Claude Hébert, s'est refusé à tout commentaire à sa sortie du tribunal. La procureure de la Couronne, Ann-Mary Beauchemin, s'est pour sa part dite très satisfaite de la sentence, estimant qu'elle envoyait un message clair à la société.

La Couronne réclamait une peine de cinq ans de prison. L'avocat de Jean Lafleur a suggéré quant à lui une peine de trois ans, comparable à celle des autres acteurs du scandale, notamment Jean Brault.

La juge a pris en compte les facteurs aggravants sur lesquels la Couronne avait insisté. L'accusé savait qu'il fraudait le gouvernement fédéral lorsqu'il a obtenu des contrats de commandites, a-t-elle fait valoir. Le fait que l'ex-publicitaire ait quitté le pays en 2005 alors qu'il savait qu'il faisait l'objet d'une enquête criminelle n'a pas joué en sa faveur non plus.

Par ailleurs, il existe une preuve qui établit que Jean Lafleur a transféré sa fortune à l'étranger, notamment au Belize où il a séjourné en 2006. Entre 1994 et 2000, son agence de publicité a reçu 65 millions de dollars en contrats de commandites et a réalisé un profit de 36 millions. Jean Lafleur s'était accordé à l'époque un salaire de 9 millions de dollars.

Il s'agit de la plus importante sentence prononcée jusqu'ici par un tribunal contre un des acteurs du scandale des commandites. Après avoir remboursé volontairement un million de dollars, Paul Coffin a reçu une peine de 18 mois de prison. Jean Brault, pour sa part, a écopé d'une peine de 30 mois. Il n'avait remboursé aucune somme en lien avec les commandites, mais il avait grandement collaboré avec la commission Gomery.

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