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Les droits du dictateur bafoués

Radio-Canada

L'organisme Human Rights Watch affirme que le Haut tribunal pénal irakien a commis de graves erreurs lors de la condamnation de Saddam Hussein à la peine de mort pour crimes contre l'humanité.

Dictateur ou pas, Saddam Hussein avait des droits. C'est ce qu'a rappelé, vendredi, l'organisme Human Rights Watch (HRW) en dévoilant un rapport qui affirme que le Haut tribunal pénal irakien a commis de graves erreurs lors de la condamnation de l'ancien président.

La condamnation à mort de l'ancien dictateur dans l'affaire du massacre de 148 villageois chiites dans les années 1980 « témoigne de graves erreurs factuelles et juridiques faites par le Haut tribunal pénal irakien », indique le rapport de HRW.

Ce rapport, qui se base sur les 300 pages du jugement ainsi que sur l'analyse du procès, est rendu public quelques jours avant le verdict du procès Anfal sur le massacre de 180 000 Kurdes. Six accusés, dont Ali Hassan Al-Majeed, dit Ali le Chimique, cousin de Saddam Hussein, comparaissent à ce procès.

Parmi les erreurs commises par le tribunal, on note celle d'avoir conclu que Saddam Hussein et ses codéfendants « étaient au courant et avaient l'intention de commettre ces crimes » sur la seule base de leurs fonctions de hauts gradés et de chef d'État.

Le jugement ne réussit pas non plus à démontrer que « la chaîne de commande et de contrôle établit la responsabilité des accusés face aux actes de leurs subordonnés », selon l'organisme.

« En lisant le jugement, il apparaît clair que celui-ci est davantage basé sur des suppositions que sur des faits », affirme Richard Dicker, directeur du programme Justice internationale à Human Rights Watch. Il estime que cela « suscite des inquiétudes sur une éventuelle répétition de ces erreurs dans le jugement de l'affaire Anfal ».

La justice irakienne a condamné en novembre 2006 le président déchu et ses trois co-accusés pour le massacre de Doujail. Saddam Hussein a été exécuté par pendaison le 30 décembre.

Par ailleurs, Human Rights Watch avait largement documenté, dans le passé, les violations des droits de l'homme sous le régime de Saddam Hussein.