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La gauche résiste à la vague bleue

Radio-Canada

L'UMP du président de droite Nicolas Sarkozy obtient une majorité absolue à l'Assemblée nationale, mais le Parti socialiste gagne plus de sièges que prévu. À Bordeaux, le ministre Alain Juppé est défait.

Les Français ont donné dimanche une majorité absolue à l'Union pour un mouvement populaire (UMP - droite) du président Nicolas Sarkozy, mais le Parti socialiste a mieux résisté que prévu.

À l'issue du second tour des élections législatives, l'UMP obtient 314 des 577 sièges à l'Assemblée nationale, selon les résultats définitifs publiés par le ministère de l'Intérieur. Le Parti socialiste (PS) récolte pour sa part 185 sièges.

Non seulement les socialistes évitent ainsi la déroute appréhendée après le premier tour, ils gagnent même quelques sièges par rapport à l'Assemblée nationale sortante. Cette dernière comptait 359 députés de l'UMP et 149 du PS.

Entre les deux tours, les sondages accordaient généralement un nombre de sièges plus élevé pour l'UMP, souvent au-delà de la barre symbolique des 400 élus. La rivale malheureuse de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, Ségolène Royal, avait alors appelé les électeurs de la gauche et du centre au « sursaut » pour « ériger un barrage au tsunami bleu », en référence à la couleur de l'UMP.

Mais entre les deux tours, l'équipe de Sarkozy a fait une erreur en parlant d'une augmentation substantielle d'une taxe, la TVA, pour financer les programmes sociaux. Les militants UMP reconnaissent aujourd'hui que cette TVA sociale a fait peur aux électeurs.

Le premier ministre François Fillion a exprimé son intention de respecter l'opposition, même avec une majorité absolue à l'Assemblée nationale. « Il n'y a pas un peuple de droite contre un peuple de gauche. Il n'y a qu'un seul peuple, le peuple français dont toutes les sensibilités doivent être respectées », a-t-il dit.

Défaite d'Alain Juppé

Principal coup d'éclat de ce scrutin: le numéro deux du gouvernement et maire de Bordeaux, Alain Juppé, a été défait. Le « super-ministre » de l'Écologie a immédiatement annoncé sa démission du gouvernement. L'année dernière, M. Juppé a vécu en exil au Québec, où il a enseigné à l'ENAP.

Le parti du Nouveau Centre, allié de l'UMP, obtient 22 sièges et les divers droite 9. Le Mouvement démocrate (MoDem), le parti du centriste François Bayrou qui avait obtenu 18,57 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle, ne récolte que trois sièges.

À gauche, le Parti communiste fait élire 7 députés, perdant du coup son statut de groupe parlementaire, dont le seuil minimum est fixé à 20 élus. Les Verts obtiennent 4 sièges, les Radicaux de gauche 7 sièges, et les divers gauche 15 sièges.

Quant à l'extrême droite, elle n'aura aucun représentant à l'Assemblée nationale. La seule candidate du Front national pour le second tour, Marine Le Pen, la fille de son leader Jean-Marie, n'a pas réussi à battre son rival socialiste.

Comme au premier tour, qui a eu lieu le 10 juin, le scrutin a été marqué par un fort taux d'abstention. Il est de 40,01 %, un record depuis le début de la Ve république, en 1958. Au total, 44 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes.

Le nouveau président Sarkozy a désormais la majorité qu'il réclamait au Parlement pour mettre en oeuvre son programme. Les élus seront convoqués en session extraordinaire dès le 26 juin pour voter les premiers textes emblématiques de la volonté de « rupture » affichée par M. Sarkozy.

Royal et Hollande se séparent

Autre surprise de la soirée: Ségolène Royal a annoncé en pleine soirée électorale qu'elle et son compagnon François Hollande, chef du Parti socialiste, s'étaient séparés.

Dans un livre intitulé Les coulisses d'une défaite, à paraître mercredi, Mme Royal, 53 ans, demande qu'on ne présente plus M. Hollande, 52 ans, comme son compagnon, car « ce n'est plus le cas ». Elle ne précise cependant pas à quand remonte cette séparation d'avec le père de ses quatre enfants.

« J'ai demandé à François Hollande de quitter le domicile, de vivre son histoire sentimentale de son côté, désormais étalée dans les livres et les journaux, et je lui ai souhaité d'être heureux. [...] On est en bons termes, on se parle, il y a du respect mutuel », dit-elle.

Ségolène Royal confirme par ailleurs qu'elle souhaite remplacer François Hollande à la tête du Parti socialiste quand il cédera la place lors du prochain congrès socialiste, normalement prévu à l'automne 2008.

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