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Abbas défend son pouvoir

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que le calme revient dans la bande de Gaza, maintenant sous le contrôle total du Hamas, le président Mahmoud Abbas nomme un nouveau premier ministre qu'il charge de former un gouvernement d'urgence.

Les combats ont cessé dans la bande de Gaza, où des hommes du Hamas ont pris le contrôle des quartiers généraux de l'Autorité palestinienne dans la nuit de jeudi à vendredi. Il s'agissait du dernier bastion encore tenu par les hommes du Fatah du président Mahmoud Abbas.

Le Hamas a annoncé que ses combattants allaient prendre position au point de passage de Rafah, entre Gaza et l'Égypte, qui était fermé depuis le début des hostilités. De son côté, l'armée israélienne a fermé jusqu'à nouvel ordre tous les points de passages entre la bande de Gaza et son territoire.

Saëb Erakat, un haut responsable du Fatah, estime que la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas est la pire chose arrivée aux Palestiniens depuis la guerre des Six Jours de 1967. « La bande de Gaza et la Cisjordanie sont désormais séparées et les aspirations d'un État palestinien repoussées. Gaza est officiellement hors du contrôle de l'Autorité palestinienne », a conclu M. Erakat.

De son côté, le Hamas a annoncé avoir amnistié une dizaine de chefs des services de sécurité palestiniens fidèles au Fatah, capturés lors de la prise de leurs bases dans la bande de Gaza.

Les villas abandonnées des chefs vaincus du Fatah ont été livrées au pillage, de même que le siège de la présidence de l'Autorité palestinienne à Gaza. M. Haniyeh est ensuite intervenu pour demander l'arrêt des pillages. En outre, des combattants du Hamas assurent la protection de la villa de M. Abbas.

Les habitants ont commencé à sortir de leurs maisons, où ils se terraient depuis le début des violences. Les barrages disséminés dans les rues de Gaza ont pratiquement disparu et les automobilistes circulent librement. Les rues de la ville étaient par contre envahies par des combattants du Hamas, dont certains tiraient en l'air à partir de véhicules.

L'Organisation mondiale de la santé et la Croix-Rouge internationale ont dénoncé la violation de la neutralité médicale et la grande difficulté d'accès aux centres médicaux que rencontrent sur place le personnel soignant et les malades. Un bilan du Comité international de la Croix-Rouge établi vendredi à partir d'informations de services d'urgence fait état de 116 morts et 550 blessés dans les combats depuis le 7 juin.

Sécurité confuse

Forces affiliées au Hamas
Force exécutive: 6000 hommes
Brigades Ezzedine Al-Qassam: 10 000 hommes
Comités de la résistance populaire affiliés au Hamas: 1500 hommes

Forces affiliées au Fatah
Sécurité nationale: 30 000 hommes
Sécurité préventive: considérée comme une force d'élite, 5000 hommes
Police civile palestinienne: 7000 hommes pour combattre la criminalité et contrôler la circulation
Défense civile: 2000 hommes, des pompiers et secouristes, mais aussi des hommes armés
Renseignement palestinien: 2000 hommes
Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa et autres groupes armés: 20 000 hommes

Autres groupes non affiliés
Djihad islamique: 5000 hommes
Comités de la résistance populaire: 5000 hommes

Abbas tente de former un gouvernement d'urgence

Au lendemain du limogeage du gouvernement, le président palestinien Mahmoud Abbas a nommé vendredi un nouveau premier ministre pour tenter de calmer le jeu dans les territoires palestiniens. Il s'agit de Salam Fayyad, ex-ministre des Finances, qui devra former un nouveau gouvernement d'urgence.

Le Hamas a immédiatement critiqué la nomination de M. Fayyad. Un porte-parole du mouvement islamiste à Gaza a accusé le président palestinien de prendre « des mesures précipitées et illégales » pour faire plaisir à Israël et aux États-Unis. « C'est un coup d'État politique et il a de graves conséquences », a-t-il dit.

Le premier ministre Ismaïl Haniyeh, du Hamas, a quant à lui déclaré qu'il demeurerait en poste, malgré son limogeage.

Le chef du Hamas en exil, Khaled Mechaal, a quant à lui fait porter à la communauté internationale « la responsabilité essentielle » de la crise palestinienne, parce qu'elle s'est tue sur les crimes commis par Israël.

S'exprimant depuis Damas sur la chaîne satellitaire qatariote Al-Jazira, M. Mechaal a assuré que le Hamas ne voulait pas prendre le pouvoir au sein de l'Autorité palestinienne. Il a proposé un dialogue au Fatah sous « patronage arabe », mais le parti du président Abbas a rejeté tout dialogue avec « les putschistes ». Il les a même accusés d'instaurer un État d'encagoûlés dans la bande de Gaza.

La communauté internationale réitère son appui à Abbas

La présidence allemande de l'Union européenne (UE) a condamné, par la voix de son porte-parole, « la prise de pouvoir violente par les milices illégales du Hamas ».

De leur côté, les États-Unis ont renouvelé leur soutien au président de l'Autorité palestinienne. Washington a contribué à la formation et à l'équipement des forces défaites par le Hamas.

Les représentants du Quartette international pour le Proche-Orient (États-Unis, UE, Russie, ONU) ont aussi réitéré leur appui à M. Abbas.

Réunis au Caire, les ministres des Affaires étrangères des pays arabes ont condamné « les actes criminels » dans la bande de Gaza et appelé au retour à la situation antérieure à la prise du pouvoir par le Hamas.

Dans leur communiqué final, ils appuient simultanément le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, chef du Fatah, et son rival, le mouvement islamiste Hamas, mais sans le nommer.

En outre, les chefs de diplomatie ont aussi décidé de former une commission d'enquête arabe regroupant l'Égypte, l'Arabie saoudite, le Qatar, la Jordanie, la Tunisie et le secrétaire général de la Ligue arabe « pour enquêter sur les violences dans la bande de Gaza ». Cette commission devra rendre un rapport sur la situation dans un mois.

Quant au gouvernement israélien, il a dit étudier les options qu'il pourrait prendre. L'État hébreu craint que la bande de Gaza ne devienne une sorte de base avancée pour des pays comme l'Iran en vue de lancer des attaques sur son territoire.

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