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Regrets posthumes de Kurt Waldheim

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans un testament publié au lendemain de sa mort, l'ex-secrétaire général de l'ONU et ex-président autrichien exprime pour la première fois ses « regrets profonds » pour ses propos sur son passé nazi.

Dans son testament rendu public vendredi, l'ancien secrétaire général de l'ONU et ex-président autrichien Kurt Waldheim, décédé jeudi, affirme « regretter profondément » la manière dont il a « pris position sur les crimes nazis, à savoir beaucoup trop tard, et non de manière exhaustive et sans malentendus ».

Au cours de sa présidence, le Congrès juif mondial (CJM) lui avait reproché son passé nazi, révélé en 1986 seulement. Mais c'est surtout sa réaction à cette révélation qui avait choqué l'opinion publique. M. Waldheim avait alors déclaré qu'il n'avait « fait que son devoir ».

Dans son testament rédigé sur deux pages, il écrit que « la raison » expliquant sa réaction de l'époque n'était pas due « à un calcul politique, mais [à] la consternation, [...], voire le désarroi face au contenu et à l'ampleur des reproches ».

« Oui j'ai aussi fait des erreurs - et j'ai eu heureusement beaucoup de temps pour y réfléchir. Mais je n'ai pas été un suiviste voire un coresponsable d'un régime criminel », écrit-il.

M. Waldheim ne présente pas d'excuses en tant que telles, mais demande plutôt à ses critiques de « revoir leur attitude » et appelle « à la réconciliation ».

Rappelons que le CJM avait accusé M. Waldheim de crimes de guerre. Plus tard, une commission d'historiens créée par le gouvernement autrichien l'avait disculpé. Par contre, la commission avait retenu que l'ancien président autrichien était, contrairement à ce qu'il avait dit, au courant des exactions dans les Balkans, où il était positionné en 1943 dans l'état-major des troupes nazies.

L'ancien secrétaire général de l'ONU a aussi demandé à « tous ceux qui ont eu une attitude critique [...] de réfléchir une nouvelle fois [pour lui accorder], si possible, un pardon tardif ».

« Je ne crains pas le verdict de l'écriture de l'histoire. Elle saura faire la différence entre ce qui a été et ce qui n'a pas eu lieu », a-t-il écrit.

Kurt Waldheim est décédé jeudi à l'âge de 88 ans. Il a notamment été secrétaire général de l'ONU de 1972 à 1981 et président de l'Autriche de 1986 à 1992. Diplômé de l'Académie consulaire, qui forme les diplomates autrichiens, il aura fait une grande carrière diplomatique et politique.

Kurt Waldheim était hospitalisé à Vienne depuis la fin du mois d'avril pour une infection. Il a succombé à une défaillance cardiaque jeudi.

Dans un communiqué, le président autrichien Heinz Fischer a exprimé ses plus sincères condoléances. Le drapeau flottant devant ses bureaux a été mis en berne.

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