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Un monde armé jusqu'aux dents

Les États-Unis trônent toujours au sommet du palmarès des dépenses militaires, mais aussi des ventes d'armes, notamment en raison du conflit en Irak, selon le SIPRI, un institut spécialisé dans les questions de sécurité.

Les dépenses militaires mondiales ont augmenté de 37 % entre 1997 et 2006, pour passer à 1204 milliards de dollars, selon le rapport annuel de l'Institut international de recherche pour la paix à Stockholm (SIPRI), dévoilé lundi en Suède. La hausse entre 2005 et 2006 aura été de 3,5 %.

À eux seuls, en 2006, les États-Unis ont déboursé 528,7 milliards, soit 46 % des dépenses militaires de la planète.

Le pays a augmenté ses dépenses de façon significative depuis 2001 en raison de son implication en Irak et en Afghanistan.

Entre 2001 et 2006, la Maison-Blanche a consacré, en plus des sommes prévues dans les budgets annuels adoptés par le Congrès, quelque 432 milliards à sa guerre contre le terrorisme.

La Grande-Bretagne et la France viennent au deuxième et au troisième rang quant aux dépenses militaires. En 2006, ces pays, qui comptent chacun pour 4 % de ces dépenses à l'échelle mondiale, ont consacré respectivement 59 et 53 milliards de dollars.

La Chine, qui profite d'une industrialisation accélérée, accompagnée d'une prospérité sans précédent, a de nouveau haussé ses dépenses militaires en 2006, passant à ce chapitre devant le Japon, avec 49,5 contre 43,7 milliards de dollars. Chacun des deux pays compte pour environ 4 % des dépenses mondiales.

La Russie poursuit pour sa part sa politique de modernisation, après avoir vu sa toute-puissance réduite à une peau de chagrin, dans la foulée de l'effondrement de l'Union soviétique.

Quatrième au chapitre des dépenses militaires en Europe, elle a haussé de 12 % son budget militaire en 2006, à 34,7 milliards, contre 19 % en 2005. Depuis 1998, ses dépenses auraient augmenté de 155 %. Elle aura aussi réussi à retrouver une certaine importance géopolitique en utilisant ses vastes ressources gazières pour influer sur ses clients européens.

Entre la prévention et l'insouciance

Dans son rapport annuel, le SIPRI se fait très critique de la politique américaine de guerre préventive, appliquée à l'Irak, en raison de contrecoups qui sont souvent plus importants que prévu.

Il déplore le recours à une telle approche qui ne tient pas compte du risque qu'il y a d'aggraver des tensions qui auraient pu, simplement, être contenues.

Le SIPRI estime en outre que l'invasion de l'Irak, suivie d'une intense lutte anti-insurrectionnelle, a créé des conditions qui rendent la communauté internationale vulnérable à long terme aux visées terroristes.

Des marchands prospères

Les 100 plus importants fabricants d'armes au monde ont réalisé des ventes de 290 milliards de dollars en 2005, en hausse de 3 % par rapport à l'année précédente.

À elles seules, 40 compagnies américaines ont réalisé 63 % de ces ventes, contre 29 % pour les européennes. Les entreprises américaines bénéficient fortement de la croissance des achats par le Pentagone, due à l'engagement américain en Irak.

Les États-Unis ont été les plus importants exportateurs d'armes entre 2002 et 2006, aux côtés de la Russie qui, en raison d'un marché intérieur limité, doit exporter la majorité de sa production.