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Québec demande des comptes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Québec veut forcer les pétrolières à faire preuve de plus de transparence pour justifier les variations des prix du litre d'essence à la pompe. L'industrie est en partie d'accord avec le gouvernement.

Le gouvernement du Québec a décidé de mettre en place un système de surveillance des prix de l'essence afin d'assurer un suivi serré des fluctuations des prix de l'essence.

Vendredi matin, le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, a annoncé sept mesures pour atteindre son objectif :

  • Demander à la Régie de l'énergie de fixer quotidiennement, plutôt qu'hebdomadairement, le prix minimum estimé (celui qui reflète le coût normal d'acquisition du carburant par les détaillants).
  • Demander aux pétrolières de justifier par écrit à la Régie toute hausse des prix de l'essence.
  • Demander aux détaillants de carburant d'afficher le prix minimum estimé, fixé par la Régie, dans chacune des stations d'essence.
  • Exiger que chaque station d'essence au Québec informe la Régie de l'énergie de toute modification dans le prix affiché. Et mandater la Régie pour qu'elle fasse en sorte que cette information soit facilement accessible au public.
  • Demander aux détaillants de carburant d'afficher les composantes des prix moyens à la pompe des carburants pour le mois passé.
  • Demander à l'Agence d'efficacité énergétique qu'elle prépare un plan d'action dans le domaine des produits pétroliers pour diminuer la dépendance au pétrole.
  • Demander à Ottawa d'élargir le mandat du Bureau de la concurrence pour que le consommateur bénéficie d'un marché libre et compétitif.

M. Béchard a bien indiqué que les mesures ne visaient pas à contrôler les prix, mais plutôt à informer les consommateurs.

Le ministre ne veut pas non plus fixer de prix plafond, comme en Nouvelle-Écosse, où les pétrolières ajusteraient leurs prix au maximum permis.

Le ministre Béchard souhaite que les mesures entrent en vigueur dans deux semaines.

Ces mesures se veulent incitatives et devraient être appliquées sur une base volontaire. Toutefois, le ministre a précisé que si elles n'étaient pas adoptées, un projet de loi pourrait être déposé.

Fardeau administratif?

En entrevue au Réseau de l'information, vendredi après-midi, Carol Montreuil, porte-parole de l'Institut canadien de l'industrie pétrolière, a applaudi la décision de Québec de ne pas imposer de prix plafond.

Mais les applaudissements ont été de courte durée. Selon M. Montreuil, l'affichage quotidien de la structure de prix, de même que la justification des prix sur une base quotidienne constituent un fardeau administratif. « Le diable est un peu dans les détails. C'est un fardeau administratif, est-ce que le coût en vaut la chandelle? [...] Il y a un prix à faire ce type d'info sur une base quotidienne », croit M. Montreuil.

Il a donc l'intention de rencontrer le gouvernement bientôt pour demander que les rapports se fassent plutôt sur une base hebdomadaire ou mensuelle.

L'industrie n'est pas d'accord non plus pour que Québec légifère en la matière.

Le CAA applaudit le ministre

Du côté du CAA Québec, c'est sans aucune restriction qu'on appuie la décision du ministre Béchard. Sa porte-parole, Roxane Héroux, a déclaré qu'il s'agissait d'une excellente nouvelle. « C'est un parti-pris pour les automobilistes », a-t-elle estimé.

Contrairement à l'industrie pétrolière, le CAA croit que l'indicateur quotidien du prix de l'essence et la justification des prix est une bonne nouvelle: « Si les fluctuations sont fréquentes, pourquoi faudrait-il attendre un mois pour des explications? On veut des explications au moment où ça se passe ».

Le défi, croit-elle, « est que le consommateur soit bien informé ».

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