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Une approche contestée

Radio-Canada

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, rejette le rapport qui suggère de ne plus compter les fautes de français dans l'examen que les étudiants doivent réussir pour obtenir leur DEC.

La ministre de l'Éducation du Québec, Michelle Courchesne, a vivement réagi, mercredi matin, au rapport du ministère de l'Éducation sur l'évaluation du français.

La ministre s'oppose à l'idée de ne plus compter les fautes de français des étudiants de cégep lors d'un examen qu'ils doivent réussir pour obtenir leur diplôme d'études collégiales, jugeant que le nivellement par le bas n'était pas une solution.

Je crois qu'une capacité de mesurer notre niveau de connaissance est incontournable et indispensable.

Michelle Courchesne

Michelle Courchesne n'aura donc pas pris de détours pour rejeter les conclusions de son ministère. Quand les journalistes lui ont demandé si elle écartait carrément les recommandations, elle a laconiquement répondu « Oui ».

Puis elle a ajouté: « Je conteste l'approche des fonctionnaires quand il s'agit du français ».

À l'antenne de Radio-Canada, elle a ajouté que son ministère tiendra une rencontre au sommet de deux jours en août pour se donner des orientations plus serrées à l'égard de la qualité de la langue française.

La ministre n'est pas la seule à avoir réagi de cette façon aux recommandations des fonctionnaires.

L'Association des professionnels de l'enseignement du français au collégial (APEFC) a qualifié de déplorables les conclusions du rapport proposant de ne plus tenir compte des fautes d'orthographe, de syntaxe et de ponctuation à l'examen obligatoire de français au terme des études collégiales.

« Cela laisse place à beaucoup de subjectivité. On ne peut pas faire la correction de la langue si on ne se base pas sur quelque chose de normatif », a expliqué le président de l'APEFC, Gérald Gaudet, au Devoir publié mercredi.

Le fonctionnaire responsable de l'enseignement collégial au sein du ministère, Christian Ragusich, lui, estime que les conclusions du rapport ne consistent aucunement en une tentative de nivellement vers le bas pour accroître le taux de réussite des élèves francophones québécois.

À l'heure actuelle, les correcteurs d'épreuves du ministère comptabilisent, entre autres, le nombre de fautes de syntaxe, de ponctuation, de grammaire et d'orthographe pour établir une note sur la qualité de la langue. Au-delà de 30 fautes dans la copie de 900 mots, c'est l'échec.

Le rapport propose, comme l'explique Le Devoir, « de valoriser ce qui est réussi et non de mesurer ce qui est raté ».

Aujourd'hui, le taux de réussite à l'épreuve finale de français au collégial oscille entre 80 et 85 % et la plupart des échecs sont attribuables à une maîtrise déficiente de la langue.

« On essaie de baisser le niveau pour atteindre de meilleurs taux de réussite, alors que le niveau est déjà bas. C'est déplorable », en a conclu Gérald Gaudet.

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