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Longue nuit en vue?

Radio-Canada

Le chef intérimaire du Parti québécois, François Gendron, fait rapport à son caucus de sa rencontre avec le premier ministre Jean Charest et la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget.

À Québec, le premier ministre Jean Charest a rencontré la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, le chef intérimaire de l'aile parlementaire du Parti québécois, François Gendron, et le porte-parole du PQ en matière de Finances, François Legault, pour tenter de dénouer l'impasse qui persiste sur le dernier budget du Québec.

La rencontre a pris fin peu avant 19 h. M. Gendron doit maintenant faire rapport de la réunion au caucus du Parti québécois. Le caucus libéral est également réuni pour faire le point sur la situation.

Au sortir de la rencontre, le premier ministre Charest s'est fait avare de commentaires. « On discute », s'est-il contenté de dire aux journalistes, avant d'ajouter que « ça va bien ».

À moins de 24 heures d'un vote à l'Assemblée nationale qui pourrait signifier la défaite du gouvernement minoritaire de Jean Charest, si le budget est rejeté par les partis d'opposition, la tension reste vive.

Invité à la rencontre, le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, ne pouvait participer en raison d'activités de financement prévues à Montréal. Il avait toutefois précisé qu'il était joignable par téléphone, et que son porte-parole en matière de finances, Gilles Taillon, était habilité à gérer ce dossier. M. Dumont avait proposé à M. Charest de le rencontrer en début d'après-midi, mais le premier ministre ne pouvait alors se libérer.

Le Parti québécois souhaite que 300 des 700 millions de dollars reçus du gouvernement fédéral pour le règlement du déséquilibre fiscal soient réinvestis en éducation et en santé. Mais le gouvernement persiste à vouloir inclure cette somme dans des baisses d'impôt totalisant 950 millions de dollars. « Ils disent 300 millions. Pourquoi ce n'est pas 400, 500? Il faut revenir à la réalité. Ce n'est pas notre argent, c'est l'argent des contribuables », a déclaré M. Charest, jeudi.

L'offre libérale

  • Maintien des baisses d'impôt annoncées de 950 millions de dollars (dont environ 700 millions provenant du règlement du déséquilibre fiscal), à partir du 1er janvier 2008
  • 40 millions de dollars supplémentaires en santé
  • 20 millions de dollars supplémentaires en éducation

Les demandes péquistes

  • Renoncer au moins à une partie des baisses d'impôt annoncées pour les citoyens gagnant plus de 75 000 $ par année
  • 140 millions de dollars en éducation pour les enfants en difficulté
  • 140 millions de dollars en santé pour les groupes de médecine familiale et les soins à domicile
  • 20 millions pour les régions ressources

Les adéquistes ciblent Charest

En entrevue à l'émission C'est bien meilleur le matin, à la Première Chaîne de Radio-Canada, le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a soutenu que le responsable de la crise était Jean Charest. Selon M. Dumont, les négociations sur le budget auraient dû se dérouler avant sa présentation, jeudi dernier, pour s'assurer de l'appui d'un des partis d'opposition.

Le chef adéquiste a affirmé que le gouvernement libéral minoritaire n'avait consulté personne, et qu'on ne pouvait donc accuser l'opposition officielle de s'en laver les mains. Le leader parlementaire de l'ADQ, Sébastien Proulx, a ajouté, sur les ondes du Réseau de l'information, que la ministre Jérôme-Forget s'était contentée de « visites de courtoisie » à l'opposition officielle.

Mario Dumont estime même qu'il y a lieu de se demander si Jean Charest veut d'autres élections. « On a l'impression que quand ses ministres vont discuter avec le PQ et sont près d'une entente, ils retournent au Cabinet du premier ministre et se font dire non. Cela devient un peu un vaudeville. La ministre des Finances a donné trois points de presse [mercredi]. Ce n'est pas une comédie, on parle du budget du Québec », a dit le chef adéquiste.

Les demandes adéquistes pré-budgétaires

  • Véritable équilibre budgétaire
  • Meilleur contrôle de la dette
  • Amélioration de la comptabilité gouvernementale
  • Adoption de tarifs modérés

De son côté, Sébastien Proulx a interpellé directement Jean Charest. « Il est le premier ministre du Québec, c'est son rôle à lui de faire adopter son budget. Puisqu'il y a des distinctions fondamentales avec nos principes, nous serons contre le budget, [vendredi]. Nous ne ferons pas d'à-plat-ventrisme parce que nous sommes dans un gouvernement minoritaire », a déclaré M. Proulx.

Mario Dumont a souligné que l'écart de 240 millions de dollars séparant les propositions libérale et péquiste représentait moins de 1 % d'un budget total de quelque 60 milliards. « Chaque session parlementaire sous le règne de Jean Charest a été une crise, a affirmé M. Dumont. Il faut être sérieux dans les 24 prochaines heures, pas après. »

Couillard défend les baisses d'impôt

Au RDI, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a défendu le réinvestissement déjà annoncé en santé dans le budget, ajoutant que les baisses d'impôt promises serviraient à maintenir la compétitivité du Québec. Il a qualifié le budget Jérôme-Forget d'équilibré.

Lors des débats à l'Assemblée nationale, le porte-parole péquiste en matière de santé, Bernard Drainville, a demandé à M. Couillard, qu'il a qualifié de « grand social-démocrate », comment il justifiait l'octroi de baisses d'impôt profitant aux tranches de revenu supérieures. M. Couillard a rappelé que les gouvernements péquistes avaient effectué de sévères compressions en santé et en éducation dans les années 90. « Ça, c'est de la social-démocratie de pacotille. C'est la gauche caviar dans toute sa splendeur », a lancé le ministre Couillard.

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