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Un tribunal international voit le jour

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le Conseil de sécurité de l'ONU vote en faveur d'une résolution visant à juger les responsables de la mort de l'ancien premier ministre libanais, une décision réclamée depuis longtemps et saluée par les partisans de Rafic Hariri.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté de justesse, mercredi, une résolution permettant la mise sur pied d'un tribunal pour juger les assassins de l'ex-premier ministre libanais Rafic Hariri.

La résolution, légalement contraignante, a été adoptée par 10 voix sur 15. La Chine, la Russie, l'Afrique du Sud, l'Indonésie et le Qatar se sont abstenus. Ainsi, la Chine et la Russie, qui avaient exprimé des réserves, n'ont pas opposé leur veto, ce qui aurait empêché son adoption.

Le texte donne donc aux parties libanaises jusqu'au 10 juin pour s'entendre et mettre en place elles-mêmes le tribunal, sinon la convention signée l'an dernier entre l'ONU et le Liban créant ce tribunal entrera en vigueur automatiquement.

Il prévoit également que le tribunal « commencera à fonctionner à une date à déterminer par le secrétaire général [de l'ONU], en consultation avec le gouvernement du Liban, et prenant en compte l'avancement du travail de la Commission d'enquête internationale. »

Selon plusieurs responsables de l'ONU, le tribunal ne pourra cependant pas commencer à siéger avant environ un an. Il faudra aussi s'entendre sur le lieu où il sera établi. Selon plusieurs, Chypre, l'Italie ou les Pays-Bas pourraient l'accueillir.

Le principe de la création du tribunal pour juger les assassins de M. Hariri remonte à 2005, lorsque le Conseil de sécurité avait voté la résolution 1595 sur la création d'une Commission internationale indépendante. La convention signée en 2006 par l'ONU et le gouvernement libanais n'a toutefois jamais été ratifiée par le Parlement de Beyrouth.

Applaudissements à l'ONU et au Liban

La création du tribunal a été généralement saluée. L'ambassadeur des États-Unis à l'ONU, Zalmay Khalilzad, a indiqué que la résolution était une forte démonstration du fait qu'il ne peut y avoir d'impunité pour les assassinats politiques.

Son homologue britannique, Emyr Jones Parry, a quant à lui qualifié la décision de « vitale pour le Liban, pour la région et pour la justice. » De son côté, le ministre adjoint des Affaires étrangères libanais, Tarek Mitri, a soutenu que l'adoption de la résolution renforçait la crédibilité du Conseil de sécurité.

Quelques voix discordantes se sont cependant fait entendre. Ainsi, l'ambassadeur de Russie, Vitaly Tchourkine, a qualifié la résolution de « douteuse du point de vue du droit international », car elle contourne les exigences de la Constitution libanaise. Pour l'ambassadeur du Qatar, Abdelaziz al-Nasser, la décision pourrait nuire davantage à la sécurité du Liban.

L'ambassadeur de Syrie, Bachar Jaafari, dont le pays est montré du doigt dans l'assassinat, a déclaré que la résolution « va à l'encontre des intérêts du peuple libanais et du Liban en général. »

Au Liban, où l'on craignait des débordements après l'annonce de la création du tribunal, la situation était plutôt calme mercredi soir. Les partisans de Rafic Hariri sont descendus en grand nombre dans les rues pour saluer la décision de l'ONU.

À Beyrouth, des centaines de personnes rassemblées près de la tombe de l'ancien premier ministre ont accueilli avec des cris de joie et des pleurs la décision de l'ONU, qui était retransmise en direct sur écran géant.

Dans un quartier sunnite de la capitale, où M. Hariri était très populaire, des feux d'artifice ont été lancés et des dizaines de personnes ont dansé dans les rues. D'autres partisans de l'ancien premier ministre ont chanté des slogans antisyriens.

Le fils de Rafic Hariri, Saad Hariri qui est chef de la majorité parlementaire, a affirmé que la décision de l'ONU était un tournant pour le Liban et que cela éviterait d'autres assassinats politiques.

Dans une allocution télévisée, il a qualifié le vote du Conseil de « victoire que le monde a offert au Liban opprimé et une victoire pour un Liban opprimé dans le monde. » Il a ensuite lancé un appel aux Libanais pour mettre fin aux divisions et pour agir ensemble « au nom de la nation. »

Le premier ministre libanais, Fouad Siniora, ancien proche de Hariri, a également salué la création du tribunal. Selon lui, il s'agit d'« un triomphe pour le Liban contre l'injustice, le crime et la tyrannie. »

Tension permanente

Meneur, en quelque sorte, d'un vaste mouvement multiconfessionnel antisyrien, Rafic Hariri a été tué dans un attentat le 14 février 2005. Sa mort a été l'élément déclencheur d'une cascade de manifestations et d'événements qui ont conduit la Syrie à se retirer du Liban. Ce retrait a été confirmé par l'ONU le 24 mai suivant.

Les tensions politiques persistent depuis, se traduisant parfois en épisodes violents. Le dernier en lice est cet affrontement dans le nord du pays entre l'armée libanaise et les activistes du Fatah Al-Islam. La Syrie est soupçonnée de se servir des miliciens palestiniens pour déstabiliser et fragiliser le gouvernement libanais.

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