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Les souverainistes en veulent plus

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pendant qu'à Ottawa, le Bloc québécois réclame une commission d'enquête publique, à Québec, le PQ demande que les dépenses d'Ottawa durant la campagne référendaire de 1995 soient rendues publiques.

Tant à Québec qu'à Ottawa, les partis souverainistes sont restés sur leur appétit en prenant connaissance des conclusions du juge à la retraite Bernard Grenier sur les dépenses de l'organisme Option Canada durant la campagne référendaire de 1995 au Québec.

Sur les 11 millions de dollars obtenus d'Ottawa et dépensés par Option Canada et le Conseil pour l'unité canadienne (CUC) durant la campagne, 539 000 $ l'ont été illégalement. L'enquête du juge Grenier avait été lancée dans la foulée de la publication, en janvier 2006, du livre Les secrets d'Option Canada par Normand Lester et Robin Philpot, où les auteurs alléguaient que les dépenses illégales s'élevaient à plusieurs millions.

Le PQ demande plus de détails

La leader parlementaire du Parti québécois, Diane Lemieux, estime que le « mandat étroit » du juge Grenier a laissé plusieurs zones grises quant au rôle du gouvernement fédéral dans le financement de la campagne du non. Le juge Grenier a lui-même indiqué que plusieurs documents avaient été exclus de l'enquête en raison d'une ordonnance de non-publication.

Mme Lemieux demande au premier ministre Jean Charest, vice-président du comité du non en 1995, de reconnaître sans équivoque que des dépenses illégales ont été effectuées. Le PQ veut aussi que Jocelyn Beaudoin, directeur général du CUC en 1995, soit définitivement écarté de son poste de chef du bureau du Québec à Toronto. À l'heure actuelle, il est suspendu avec salaire. Le Parti libéral a confirmé, mardi, qu'il allait au moins revoir le cas de M. Beaudoin.

Diane Lemieux accuse Jean Charest de chercher à protéger ses alliés fédéralistes. « Son refus de condamner s'apparente à un aveu de culpabilité », a-t-elle déclaré. Selon le PQ, le rapport Grenier montre qu'il existait des liens serrés entre le CUC, Option Canada et le Parti libéral du Québec.

Surtout, la leader péquiste demande la levée de l'interdit de publication sur les dépenses d'Ottawa durant la campagne de 1995. Diane Lemieux a indiqué que le PQ pourrait faire appel à des procureurs pour contester la portée illimitée de cette ordonnance. Le financement du fameux love-in de Montréal, le 27 octobre 1995, est l'une des zones grises mentionnées par Mme Lemieux.

L'ADQ exige un remboursement

Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, avait mené la charge à l'Assemblée nationale, lors des débats de mardi. M. Dumont a souligné que c'est « faute de preuve » que les élus et les hauts dirigeants du Parti libéral impliqués dans le comité du non n'ont pas été blâmés par Me Grenier.

« Trouve-t-il normal que l'aveuglement volontaire ait été la norme face à une contravention systématique et organisée aux lois démocratiques du Québec? » a demandé M. Dumont à l'intention du premier ministre Jean Charest.



Un pétard mouillé, dit Charest

« Il y aurait eu des dépassements, a reconnu M. Charest, mais ce n'est pas du tout dans le sens de ce qui avait été allégué. L'allégation de MM. Lester et Philpot, qui a été candidat du Parti québécois en passant, disait qu'il s'était dépensé plus de 5 millions de dollars pendant le référendum. Or, ce n'est pas le cas. C'est ce qu'on appelle un pétard mouillé, M. le Président. »

En point de presse, Mario Dumont a affirmé qu'il voyait dans ce rapport les « limites d'une enquête non publique ». Le chef de l'ADQ a demandé au Parti libéral du Québec de rembourser le demi-million de dollars dépensés illégalement, afin de « tracer une ligne claire sur le respect des lois démocratiques ».

Le Bloc réclame une enquête

À la Chambre des communes, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a demandé au premier ministre Stephen Harper s'il avait l'intention de lancer une enquête publique sur les dépenses fédérales durant la campagne référendaire de 1995.

M. Harper a répondu que ces événements s'étaient déroulés il y a 12 ans déjà, et que l'un des premiers gestes de son gouvernement avait été de couper le financement du Conseil pour l'unité canadienne. M. Duceppe l'a accusé de donner la même réponse que l'ancien premier ministre Paul Martin sur le scandale des commandites, avant la mise sur pied de la commission Gomery.

« M. Duceppe veut un autre référendum, a répondu Stephen Harper. S'il veut un autre référendum, il devrait rechercher le leadership du Parti québécois. »

Le PLC attend les recommandations de Grenier

En point de presse, le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, a indiqué qu'il était un partisan du respect des règles et qu'il attendrait les recommandations contenues dans le deuxième rapport du juge Grenier.

À propos de commission d'enquête publique réclamée par le Bloc québécois, M. Dion a dit qu'il avait d'autres priorités. Il a toutefois souligné qu'aucune enquête n'avait jamais porté sur les dépenses du comité du oui, notamment sur les dépenses du Conseil de la souveraineté, ou encore sur des allégations concernant la rémunération de certains employés de la FTQ libérés durant la campagne référendaire.

Stéphane Dion, qui a fait son entrée en politique après la période référendaire, a conclu que tout cela confirmait sa vision, soit qu'il n'y a pas lieu de tenir un référendum sans avoir l'assurance de le gagner.

Autres réactions

Normand Lester et Robin Philpot, les auteurs du livre Les secrets d'Option Canada, sont satisfaits du travail du juge Grenier, mais estiment que certains détails concernant les dépenses du gouvernement fédéral en 1995 restent à éclaircir. Lisez leur réaction.

L'ancien directeur général des élections de 1978 à 1997, Pierre-F. Côté, a été surpris de ne pas avoir eu à témoigner dans le cadre de l'enquête du juge Grenier. Lisez sa réaction.

Claude Dauphin, ancien président d'Option Canada, a confirmé qu'il avait été rémunéré, en toute bonne foi, par le CUC durant la campagne référendaire. Lisez sa réaction.

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