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La fin d'une époque

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des milliers de Vénézuéliens manifestent à Caracas pour réclamer le maintien de la chaîne privée RCTV que veut fermer le président socialiste Hugo Chavez pour la remplacer par une chaîne gouvernementale.

Des milliers de Vénézuéliens ont manifesté samedi à Caracas pour réclamer le maintien de la chaîne privée RCTV (Radio Caracas Television), à la veille d'être fermée par le président socialiste Hugo Chavez pour ses positions jugées hostiles envers son gouvernement.

Aux cris de « Non à la fermeture », le cortège regroupant des journalistes, des artistes et des militants de l'opposition a défilé sous la surveillance de 2500 policiers et 1200 partisans de M. Chavez. Ils ont marché jusqu'au siège de la chaîne, dont le gouvernement a refusé le renouvellement de la licence.

Une nouvelle manifestation contre cette décision - qui suscite également des critiques à l'étranger - aura lieu dimanche, jour prévu par le gouvernement pour lancer la télévision socialiste TVES, financée par l'État et appelée à remplacer RCTV sur les ondes, dès dimanche minuit.

Pendant des années, la chaîne RCTV a ouvertement milité contre le président en place en relayant les appels à renverser le régime. Le 11 avril 2002, pendant le coup d'État raté, la chaîne annonçait qu'Hugo Chavez avait démissionné et accepté que le dirigeant du patronat local, Pedro Carmona, assure l'intérim à la tête de l'État.

En réalité, le président était maintenu au secret dans une île au large du Venezuela par des militaires putschistes. Moins de 48 heures plus tard, les militaires putschistes capitulaient et Hugo Chavez revenait au palais présidentiel de Miraflores. Il n'a jamais pardonné à RCTV.

Le président a promis de ne pas renouveler la licence de RCTV après avoir été réélu en décembre 2006 pour un mandat de six ans. Il a salué vendredi la fin de la « tyrannie » de RCTV. « Que s'abatte la pluie, le tonnerre ou l'éclair, que cela fasse pleurer ou non les oligarchies, dimanche s'achèvera la concession de cette télévision privée », a-t-il lancé au cours d'une cérémonie militaire.

Une décision contestée

Fondée en 1953, la chaîne RCTV est la plus ancienne chaîne de télévision du pays. Elle jouit d'une grande popularité, notamment pour ses feuilletons et ses programmes de divertissement, qui ont connu un grand succès dans toute l'Amérique latine.

L'annonce de sa fermeture, désapprouvée par 70 % des Vénézuéliens selon un sondage de l'Institut Datanalisis, a suscité plusieurs manifestations à Caracas, relayées par des associations internationales de défense des médias.

Le Sénat américain, l'Organisation des États américains (OEA), dont le siège est à Washington, ainsi que le Parlement européen ont exprimé leur préoccupation au sujet de la liberté d'expression au Venezuela.

Bête noire des États-Unis en Amérique latine, le chef de l'État dispose des pleins pouvoirs à la tête du Vénézuela, cinquième pays exportateur de pétrole au monde. Il affirme vouloir accélérer la conversion du Venezuela au « socialisme du XXIe siècle ».

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