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Fraser écorche Ottawa

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans son rapport, le commissaire aux langues officielles affirme que les actions du gouvernement Harper ne sont pas à la hauteur de ses paroles et que la situation des langues officielles ne s'est pas améliorée, quand elle ne s'est pas détériorée.

« Beau parleur, petit faiseur », c'est ce qui pourrait résumer l'opinion du commissaire aux langues officielles sur le comportement du gouvernement fédéral en matière de langues officielles.

Selon Graham Fraser, qui a déposé au Parlement son premier rapport annuel mardi matin, les belles paroles du gouvernement conservateur en matière de langues officielles ne se traduisent pas par des gestes concrets.

Il donne en exemple le chef conservateur, Stephen Harper, qui est souvent un modèle lorsqu'il prononce ses discours en alternant du français à l'anglais et qui commence souvent ses points de presse dans sa deuxième langue.

Il note aussi que la ministre de la Francophonie et des Langues officielles, Josée Verner, a déclaré que le gouvernement allait respecter, au minimum, le Plan d'action pour les langues officielles.

Enfin, les députés conservateurs ont appuyé une modification à la Loi sur les langues officielles qui renforçait l'engagement du gouvernement à appuyer le développement des communautés de langue officielle et à faire la promotion de la dualité linguistique.

« Les messages du premier ministre et du gouvernement ont donc été très positifs. Malheureusement, les gestes qu'il a posés au cours de la dernière année n'ont pas reflété ces déclarations publiques. Les compressions budgétaires annoncées au mois de septembre ont provoqué une avalanche de 117 plaintes à mon bureau [...] », peut-on lire dans le rapport.

Un des problèmes, c'est que le gouvernement ne suit pas l'exemple que le premier ministre a donné.

Graham Fraser

M. Fraser souligne que l'abolition du Programme de contestation judiciaire, par exemple, a nui aux minorités linguistiques au pays, en les empêchant de défendre leurs droits devant les tribunaux.

Ironiquement d'ailleurs, le gouvernement conservateur a suspendu mardi matin - au moment même où le commissaire aux langues officielles déposait son rapport - le comité des communes sur les langues officielles qui devait justement se pencher sur l'abandon du Programme d'aide judiciaire aux minorités.

M. Fraser dénonce aussi vivement les compressions au sein des ministères, qui ont réduit la capacité des institutions fédérales de mener à bien le Plan d'action pour les langues officielles adopté en 2003.

La disponibilité et la qualité des services offerts dans les deux langues officielles ne se sont pas améliorées et se sont même détériorées dans certains cas, affirme-t-il.

Il constate aussi que l'approche des ministères fédéraux est de faire le minimum.

Le commissaire dresse d'ailleurs une liste d'institutions fédérales à qui il attribue une note. Cette année, il a examiné 37 organismes.
De ce nombre, il y en a 16 qui obtiennent une note passable seulement et 5 une note faible.
Il s'agit de:
- Les Forces canadiennes
- La GRC
- NAV CANADA
- Les services correctionnels
- Aéroport d'Halifax

Résumé des recommandations du commissaire

  • Que la ministre des Langues officielles, avec les communautés et les provinces, consolide les acquis et élargisse le Plan d'action pour les langues officielles.
  • Que la ministre des Langues officielles revoie le Cadre d'imputabilité et de coordination en langues officielles en tenant compte des nouvelles obligations des institutions fédérales.
  • Que la ministre des Langues officielles veille à ce que Patrimoine canadien revoie ses mécanismes de reddition de comptes pour que la Loi mette davantage l'accent sur les résultats.
  • Que la ministre des Langues officielles veille à ce que Patrimoine canadien soit plus transparent lorsqu'il détermine quelles institutions ont les incidences les plus prépondérantes sur les communautés.
  • Que les administrateurs des institutions fédérales s'assurent que le personnel de première ligne offre, dès le premier contact, les services dans les deux langues officielles afin de favoriser l'utilisation de la langue officielle de choix du public.

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