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Duceppe se ravise

Radio-Canada

À la surprise générale, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, annonce qu'il renonce à briguer la direction du Parti québécois et qu'il se rallie à Pauline Marois. Cette dernière salue « son courage et son sens des responsabilités ».

La bataille des titans souverainistes n'aura finalement pas lieu.

À la surprise générale, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a renoncé samedi à briguer la direction du Parti québécois et s'est rallié à Pauline Marois, 24 heures seulement après avoir annoncé sa candidature.

Dans un communiqué transmis peu avant 18 h, M. Duceppe dit avoir pris sa décision après « analyse des événements de la fin de semaine ».

L'importante et rapide récolte d'appuis de Pauline Marois tant au sein du Parti québécois, du Bloc québécois que de la population en général fait en sorte qu'il est de mon devoir d'éviter au mouvement souverainiste un affrontement porteur de division et, donc, d'affaiblissement.

Gilles Duceppe

Le chef bloquiste explique que « le message "Pauline à Québec et Gilles à Ottawa" » a également joué dans sa décision de se retirer de la course. M. Duceppe accorde maintenant son « appui inconditionnel » à Pauline Marois.

Il est temps qu'une femme, et une de qualité, parvienne à la tête du Parti québécois puis du Québec.

Gilles Duceppe

Mme Marois « salue le courage et le sens des responsabilités de M. Duceppe et se réjouit de son appui », a déclaré samedi une porte-parole de la candidate péquiste. Mme Marois n'a pas donné d'entrevue samedi soir et tiendra comme prévu une conférence de presse dimanche matin, à Longueuil.

Le chef bloquiste a informé Mme Marois de sa décision par téléphone, environ une heure avant de publier son communiqué.

M. Duceppe et Mme Marois ont annoncé leur candidature à la succession d'André Boisclair, vendredi midi, à quelques minutes d'intervalle seulement. André Boisclair avait démissionné de son poste trois jours plus tôt.

Un course qui s'annonçait difficile

Plus tôt dans la journée de samedi, la députée bloquiste Maria Mourani avait demandé à son chef de se retirer de la course à la direction du PQ. La députée d'Ahuntsic, qui appuie Mme Marois, se réjouit maintenant de la décision de M. Duceppe, qu'elle juge courageuse.

Le député bloquiste Bernard Bigras, qui n'avait pas encore pris position dans la course à la direction du PQ, a estimé pour sa part que Gilles Duceppe a pris une sage décision.

La veille, d'autres bloquistes, comme Christiane Gagnon et Réal Ménard, avaient exprimé leur préférence pour Mme Marois. Mme Gagnon s'était même dite « déçue » par la décision de son chef de briguer la direction du PQ.

Dans son communiqué, M. Duceppe a précisé qu'il demandera lundi aux députés bloquistes de lui réitérer leur confiance. Il fera la même chose avec les militants du Bloc, lors du conseil général, en octobre.

L'arrivée du chef bloquiste n'avait pas provoqué d'enthousiasme chez les péquistes non plus. Plusieurs députés du caucus, dont Bernard Drainville et Marie Malavoy, avaient déjà donné leur appui à Mme Marois. Seul le député des Îles-de-la-Madeleine, Maxime Arseneau, s'était officiellement rangé derrière le chef bloquiste.

Dans son communiqué, M. Duceppe s'est dit tout de même encore « éminemment convaincu » qu'il aurait pu « apporter une contribution importante comme chef du Parti québécois ». En outre, il estime que le mouvement souverainiste doit « trouver les moyens de renouer le dialogue avec les Québécois ».

Pauline Marois la favorite

L'annonce surprise du chef bloquiste survient au moment où un sondage révèle que les Québécois préfèrent Pauline Marois à Gilles Duceppe comme chef du Parti québécois.

Un sondage CROP publié samedi dans le quotidien La Presse indique en effet que 45 % des répondants préfèreraient voir Pauline Marois à la tête du PQ, contre 21 % pour Gilles Duceppe.

Le seul autre candidat à se démarquer est le député et ancien président de l'Union des artistes Pierre Curzi, avec 8 % des répondants qui le verraient chef.

Soulignons que les répondants n'étaient pas nécessairement péquistes et que le sondage a été mené dans les jours suivant la démission d'André Boisclair, avant que Pauline Marois et Gilles Duceppe n'annoncent leur candidature à la direction du PQ.

Le sondage CROP/La Presse/Cyberpresse a été réalisé par téléphone les 9 et 10 mai 2007 auprès de 932 répondants. La marge d'erreur est de plus ou moins 3 %, 19 fois sur 20.