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Deux ans mouvementés

Michael Ignatieff (à droite) et Stéphane Dion

Michael Ignatieff (à droite) et Stéphane Dion

Photo : La Presse canadienne / AP/Rafiq Maqbool

Radio-Canada

Presque deux ans jour pour jour après être devenu chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion cède sa place au profit de Michael Ignatieff le 8 décembre 2008. Le temps de vivre une défaite contre les conservateurs et une crise politique à Ottawa.

Si les conservateurs n'ont obtenu qu'un second mandat minoritaire le 14 octobre 2008, le camp libéral a reculé de 103 à 77 sièges, avec son pire pourcentage de vote depuis la Confédération. Inévitablement, les yeux se sont tournés vers le chef, Stéphane Dion, et son « Plan vert », pierre d'assise de sa campagne.

Il reconnaît sa défaite et opte pour un intérim jusqu'à la désignation, par son parti, d'un nouveau dirigeant. « Je n'ai pas réussi comme chef, et je veux que le prochain réussisse », déclare-t-il alors. Cette nomination devait avoir lieu au congrès du PLC à Vancouver, en mai 2009.

C'était sans compter la crise politique qui a secoué la colline du Parlement deux mois plus tard. Stéphane Dion scelle une alliance avec le Nouveau Parti démocratique pour un gouvernement de coalition, soutenu par le Bloc québécois. Les trois partis d'opposition tentent ainsi de renverser le gouvernement conservateur de Stephen Harper, suite au dépôt d'un énoncé économique qu'ils jugent « idéologique ». Mais le premier ministre proroge la session parlementaire jusqu'au 25 janvier (lire notre dossier à ce sujet).

Peu après, Stéphane Dion cède aux pressions de plus en plus fortes au sein de son parti pour qu'un nouveau chef dirige la formation politique à la rentrée, en janvier. Ce chef, c'est Michael Ignatieff.

Une fin abrupte pour celui qui créait la surprise deux ans plus tôt.

« On m'a toujours sous-estimé »

Le 2 décembre 2006, le député et universitaire Stéphane Dion est élu 11e chef du Parti libéral du Canada au quatrième tour du congrès à la direction. Il passe ainsi devant son rival Michael Ignatieff avec 54,7 % des votes des délégués contre 45,3 %. Stéphane Dion, qui ne partait pas favori, doit sa victoire en bonne partie à un autre candidat à la direction, l'Ontarien Gerard Kennedy, qui a choisi de se désister avant la tenue du troisième tour.

« On m'a toujours sous-estimé, et c'est ma force. Jusqu'ici, cela m'a bien réussi ». Stéphane Dion

Cette élection a lieu quelques mois après que les libéraux de Paul Martin eurent perdu le pouvoir, dans le sillage du scandale des commandites qui a éclaboussé le parti et ses dirigeants.

Le 23 janvier 2006, les conservateurs de Stephen Harper forment alors un gouvernement minoritaire, avec 124 sièges, et 103 pour les libéraux, 51 pour le Bloc québécois et 29 pour le Nouveau Parti démocratique.

Pour Stéphane Dion, qui fut ministre sous les régimes Chrétien puis Martin, ce sera le début d'une nouvelle vie, celle de chef de l'opposition à Ottawa dans un contexte de gouvernement minoritaire. Une vie, on le verra, parfois plutôt ardue.



  • Né à Québec le 28 septembre 1955
  • Deuxième enfant d'une famille de cinq
  • Fils du politologue Léon Dion
  • 1979: Maîtrise en science politique de l'Université Laval
  • 1984: Doctorat d'État en sociologie à l'Institut d'études politiques de Paris
  • 1984: Enseigne à l'Université de Montréal
  • 25 janvier 1996: Devient ministre non élu des Affaires intergouvernementales
  • 25 mars 1996: Élu dans une complémentaire dans Saint-Laurent-Cartierville
  • Réélu en juin 1997 et en novembre 2000
  • Décembre 2003: Paul Martin l'écarte du conseil des ministres
  • 28 juin 2004: Élu au sein d'un gouvernement libéral minoritaire
  • 20 juillet 2004: Nommé ministre de l'Environnement
  • 23 janvier 2006: Réélu, mais dans l'opposition
  • 2 décembre 2006: Devient chef du PLC
  • 14 octobre 2008 : Sous sa gouverne, les libéraux connaissent leur pire pourcentage de vote depuis la Confédération et perdent 26 sièges
  • 8 décembre 2008: Démissionne du poste de chef du PLC