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Une décennie de leadership

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Journalistes: Isabelle Montpetit et Florence Meney

Le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe dirige les troupes souverainistes à Ottawa depuis mars 1997. Ses premières années sont difficiles, mais en 2004, il réussit à faire élire 54 députés, autant qu'à l'élection de 1993, année de naissance de son parti. Mais en janvier 2006, le vent commence à tourner.

Le conservateur Stephen Harper est élu premier ministre du Canada à la tête d'un gouvernement minoritaire avec 124 députés, face à 103 députés libéraux, 51 bloquistes et 29 néo-démocrates. Pour la formation souverainiste de Gilles Duceppe, c'est une perte de 3 sièges seulement par rapport à 2004.

Cependant, contre toute attente, le Parti conservateur met la main sur 10 sièges au Québec, principalement dans la région de Québec et en grande majorité aux dépens des bloquistes. Ce résultat va contribuer à intensifier le questionnement de la part des observateurs, mais aussi de certains souverainistes quant à l'avenir du Bloc et à sa raison d'être. À sa création, ce parti n'avait pas la vocation de durer sur la scène fédérale.

Le Bloc québécois

Créé officiellement en 1991 sous l'impulsion de Lucien Bouchard, dans le sillage de l'échec de l'accord constitutionnel du lac Meech. Trois chefs se sont succédé à la tête de la formation souverainiste: Lucien Bouchard (1990-1996), Michel Gauthier (1996-1997) et Gilles Duceppe (depuis mars 1997).

Dépassé, le Bloc?

Certains adversaires, comme le nouveau député néo-démocrate dans Outremont Thomas Mulcair, jugent que la présence du Bloc à Ottawa est devenue obsolète. Thomas Mulclair a rappelé que le Bloc québécois est né des querelles dans la foulée du débat entourant l'accord du lac Meech et que sa « date de péremption » est peut-être dépassée.

En marge de ce questionnement, se pose toujours pour le parti la question d'un éventuel saut en politique provinciale québécoise de Gilles Duceppe. Un chef pourtant admiré des siens et quasiment incontesté, l'oeil bleu acier, la soixantaine fringante.

La question du saut éventuel de Gilles Duceppe en politique provinciale s'était déjà posée après la démission-surprise de Bernard Landry à la tête du Parti québécois, le 4 juin 2005. À cette époque, tous les yeux s'étaient tournés vers Gilles Duceppe pour prendre la succession. Mais celui-ci restera en place. Cette question se pose une nouvelle fois au printemps 2007 lors du départ du chef du Parti québécois André Boisclair, au lendemain de la cuisante défaite aux élections provinciales. Quelques heures seulement après avoir annoncé son intention de se lancer dans la course à la direction du PQ, Gilles Duceppe se rétracte, laissant la place à l'ancienne ministre Pauline Marois, que les sondages donnent favorite.

À la mi-octobre 2007, lors du conseil général du Bloc, le chef recueille la confiance de 95,4 % des membres de son parti, à peine un peu moins que lors du vote de confiance de 2004. Il avait tenu ce vote dans le sillage de sa décision de renoncer à la direction du Parti québécois, en mai. Fort de son vote de confiance, Gilles Duceppe exprime sa volonté de conduire ses troupes pour la prochaine campagne électorale, qui peut intervenir en tout temps dans un contexte de gouvernement minoritaire.

À l'issue du vote, M. Duceppe s'est dit « déterminé » et « apaisé » quant à l'avenir du parti.

Quand il y a une unité semblable, on est d'autant plus prêts à mener le combat. C'est un puissant tonique pour l'ensemble du caucus; ce n'est pas seulement moi dans tout ça.

Une citation de :Gilles Duceppe

Le discours du Trône de 2007

L'instabilité du gouvernement Harper est à son comble en octobre 2007, lors du discours du Trône. Tout comme le néo-démocrate Jack Layton, Gilles Duceppe se déclare prêt à des élections, à défaire le gouvernement, jugeant que ses exigences n'ont pas été respectées. Ces conditions sont au nombre de cinq:

  • abolition du pouvoir du fédéral de dépenser dans les champs de compétence provinciaux
  • fin de la mission en Afghanistan en février 2009
  • respect du protocole de Kyoto
  • maintien de la gestion de l'offre en agriculture
  • création de mesures d'aide aux secteurs forestier et manufacturier

La prochaine étape du Bloc dans sa croisade vers la souveraineté consistera d'ailleurs à s'assurer que la langue de travail au Québec soit le français, et ce, même dans les organisations fédérales.

Mais les libéraux de Stéphane Dion refusent de faire tomber le gouvernement Harper: ils s'abstiendront de voter et le discours sera adopté.

Il reste que les conservateurs de Stephen Harper font mal au Bloc, marquant tout particulièrement, on l'a vu, des points au Québec avec une vision du fédéralisme qui se présente comme plus ouverte, moins centralisatrice que celle des régimes libéraux qui l'ont précédé.

Des partielles inquiétantes

À la mi-septembre 2007, dans trois élections partielles au Québec, les conservateurs font une nouvelle fois bonne figure, contrairement au Bloc québécois et au Parti libéral. Le parti de Stephen Harper prend ainsi un siège au Bloc québécois dans Roberval-Lac-Saint-Jean et réduit l'écart qui le séparait du Bloc dans Saint-Hyacinthe-Bagot, le faisant passer de plus de 15 000 votes en janvier 2006 à 1500.

Jusqu'à maintenant l'ouverture de Stephen Harper envers le Québec, c'est une arnaque. C'est juste des mots. On veut plus que des mots. On vaut plus que des mots.

Une citation de :Gilles Duceppe, octobre 2007

Sur une note positive pour le Bloc, si des élections étaient déclenchées, le parti serait financièrement prêt. Quelque 2,5 millions de dollars se trouvaient déjà dans les coffres des associations de circonscription en date du 31 décembre 2006.

Plus inquiétant encore, montre un sondage paru au début de novembre, le Québec apparaît comme un terreau de plus en plus fertile pour les conservateurs. Depuis septembre, les troupes de Stephen Harper ont fait un bond de six points de pourcentage, se retrouvant à 31 % des intentions de vote, au coude à coude avec le Bloc québécois. Ces gains conservateurs, montre l'étude menée par Léger Marketing auprès de 1000 Québécois, se sont faits aux dépens de la formation souverainiste.

Le vent favorable aux conservateurs est particulièrement notable du côté des francophones, la clientèle traditionnelle du Bloc québécois. Le PC y talonne le Bloc de très près, obtenant 33 % d'appui contre 35 %; l'écart se situe dans la marge d'erreur.

  • Né le 22 juillet 1947, a grandi dans le quartier ouvrier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.
  • Titulaire d'un baccalauréat ès arts du Collège Mont-Saint-Louis.
  • Étudie en sciences politiques à l'Université de Montréal.
  • Vice-président de l'Union générale des étudiants du Québec (1968-1969).
  • Directeur du journal étudiant Quartier Latin (1970).
  • Devient membre du Parti québécois et travaille comme organisateur pour le candidat Robert Burns à l'élection de 1970.
  • S'implique dans le journal communiste En lutte!, puis adhère à la Ligue communiste marxiste-léniniste et au Parti communiste ouvrier (1970-1980).
  • Conseiller syndical à la Confédération des syndicats nationaux (1983-1990).
  • Premier député élu sous la bannière du Bloc québécois en 1990.
  • Chef du Bloc québécois depuis 1997.
  • Marié à Yolande Brunelle, père de deux adultes, Amélie et Alexis.

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