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Démission-surprise d'André Boisclair

Radio-Canada

Durement critiqué depuis la défaite électorale du 26 mars, le chef du Parti québécois affirme qu'il n'a plus l'autorité nécessaire pour mener à terme son projet de réforme du parti.

Bombe politique à l'Assemblée nationale du Québec. En ce jour de rentrée parlementaire, le chef du Parti québécois, André Boisclair, a annoncé qu'il démissionnait.

M. Boisclair a annoncé sa décision aux députés péquistes réunis en caucus, mardi matin, quatre jours après avoir lancé une attaque frontale contre son homologue bloquiste Gilles Duceppe qui a été fort critiquée.

Le chef péquiste a ensuite tenu un point de presse au cours duquel il a affirmé qu'il n'avait plus l'autorité nécessaire pour mener à terme son projet de réformer le parti. « L'intensité de la remise en question du leadership ne me permet pas de procéder à l'essentielle réflexion que doit faire le parti », a-t-il dit.

Il a remercié les milliers de jeunes qui l'ont appuyé pendant la course à la direction, qu'il a gagnée en 2005. Il a également eu un mot pour les députés qui lui ont toujours donné leur appui, notamment Nicolas Girard, Diane Lemieux, Sylvain Simard et Agnès Maltais.

M. Boisclair a indiqué que son attachement au Parti québécois demeurait entier. Il a dit respecter les militants « exigeants », « fiers » et « travaillants ». Il s'est dit fier d'avoir pu « redynamiser le membership du parti », et, surtout, d'avoir fait de l'éducation une priorité nationale au Québec.

La voix nouée par l'émotion, M. Boisclair a conclu son allocution par un mot au mouvement souverainiste du Québec dans son ensemble:

Je termine sur une note d'espoir. Les fédéralistes s'avouent incapables de réformer la Constitution. Entre la résignation tranquille et la liberté, cette brave nation choisira la liberté.

André Boisclair

M. Boisclair, 41 ans, reste député de la circonscription de Pointe-aux-Trembles, qu'il représente depuis le 14 août 2006. À l'âge de 23 ans, il a été élu député de la circonscription de Gouin en 1989, poste qu'il a occupé pendant 15 ans.

Le nom du chef intérimaire du PQ sera vraisemblablement connu mercredi après-midi.

Un hommage à l'Assemblée nationale

M. Boisclair n'était toutefois pas présent à l'Assemblée nationale alors que le chef de l'opposition officielle Mario Dumont et le premier ministre Jean Charest lui ont rendu hommage.

Ce dernier a salué l'abnégation de M. Boisclair, et a même indiqué avec une pointe d'humour que son ancien adversaire avait livré une bonne performance au débat des chefs.

Mario Dumont a pour sa part affirmé mardi qu'il avait l'intention de saisir au bond la balle lancée par l'ancien chef péquiste et de faire de l'éducation une priorité de son parti.

Diane Lemieux, l'allié indéfectible d'André Boisclair, avait aussi quelques mots à dire. « M. Boisclair a choisi sa liberté. Nous lui exprimons nos meilleures voeux », a-t-elle affirmé à l'Assemblée nationale, avant de se rasseoir en pleurs.

Les 125 députés du Québec ont entamé mardi une nouvelle session parlementaire, plus de cinq semaines après l'élection d'un gouvernement minoritaire libéral.

Les prétendants?

Déjà les rumeurs vont bon train quant à un éventuel successeur à André Boisclair.

  • Celui qui est le plus souvent évoqué est Gilles Duceppe: chef du Bloc québécois, 59 ans. il représente la circonscription de Laurier-Sainte-Marie. Député bloquiste depuis 1990, il est élu chef du parti en 1997.
  • Pauline Marois: ex-ministre, 58 ans. Élue pour la première fois à l'Assemblée nationale en 1981. Candidate à la direction du PQ en 1985, défaite par André Boisclair à la course de 2005.
  • Bernard Landry, ex-premier ministre du Québec, assure qu'il n'a pas l'intention de reprendre les rênes du PQ.
  • Pierre Curzi: élu député du PQ aux élections du 26 mars 2007, 61 ans. Comédien bien connu, il a été à la tête de l'Union des artistes entre 1998 et 2006. Il est actuellement porte-parole du PQ pour la culture et les communications.
  • Bernard Drainville: élu député du PQ dans Marie-Victorin ce printemps, 44 ans. Ancien journaliste et animateur de télévision à Radio-Canada, il est porte-parole du PQ en matière de santé.
  • Diane Lemieux: ex-ministre, 48 ans. Elle a été leader parlementaire de l'Opposition officielle de 2004 à 2007. Elle a été élue députée du PQ dans Bourget en 1998, puis réélue en 2003 et 2007. Elle est leader parlementaire et porte-parole du PQ en matière d'éducation.



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