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Boisclair s'en prend à Duceppe

Radio-Canada

Dans une entrevue qui sera diffusée dimanche à l'émission Les coulisses du pouvoir, André Boisclair accuse le chef bloquiste et son entourage de comploter secrètement pour le renverser.

La situation s'envenime au sein du mouvement souverainiste. Dans une entrevue qui sera diffusée dimanche à l'émission Les coulisses du pouvoir, André Boisclair s'en est pris au chef du Bloc québécois et à son entourage, qu'il accuse de manigancer pour le renverser.

André Boisclair sait qu'au sein de son parti, des gens travaillent pour Gilles Duceppe. « C'est un secret de polichinelle », dit-il, ajoutant qu'il connaît ceux qui veulent le renverser.

Si Gilles Duceppe rêve la nuit de devenir chef du PQ, il devrait d'abord s'occuper de son parti et penser à l'avenir du mouvement souverainiste plutôt qu'à ses intérêts personnels.

André Boisclair

Questionné à savoir si des membres de l'entourage de M. Duceppe « sondaient » le terrain pour lui, le chef du Parti québécois a répondu que c'était « clair ». « Cela doit être su, a-t-il ajouté. Il y a des gens qui ont des doubles agendas, malgré les déclarations publiques qu'ils font. »

M. Boisclair n'a qu'une demande envers Gilles Duceppe: qu'il joue franc-jeu. « Si M. Duceppe est prêt à porter l'habit - on dit qu'il se couche le soir avec l'habit de chef du Parti québécois -, quelles sont les conséquences pour le mouvement souverainiste? Et si M. Duceppe fait le choix d'envoyer le message de dire "le Bloc c'est fini, puis il faut tous qu'on rentre à Québec'', ce message-là et cette décision-là ne peuvent reposer sur un seul homme », a fait valoir André Boisclair.

Surtout, ajoute-t-il, si Gilles Duceppe a l'intention de diriger le Parti québécois et de revenir à l'affirmation nationale de Pierre-Marc Johnson. En 1987, ce chef du PQ avait suggéré, sans succès, d'abandonner la souveraineté pour que le Québec s'affirme au sein du Canada en allant chercher plus de pouvoirs.

Quand j'entends des gens de l'entourage de M. Duceppe dire qu'il faudrait peut-être aller vers l'affirmation nationale, je dis attention, ce serait une erreur stratégique grave que de tirer ce genre de conclusion au lendemain de l'élection.

André Boisclair

André Boisclair somme le chef du Bloc d'expliquer clairement sa position. « Un jour il a encouragé sa députée [qui a évoqué l'idée], et l'autre jour, il l'a dénoncée. Alors qu'il s'explique. »

Entre-temps, M. Boisclair invite Gilles Duceppe à s'occuper de ses affaires. « Je fais mon travail qui est celui de chef du Parti québécois en ce moment. Je pense que M. Duceppe aussi doit faire la même chose. »

L'émission Les coulisses du pouvoir est diffusée le dimanche, à 11 h, à Radio-Canada et rediffusée la même journée, à 13 h et à 18 h, au Réseau de l'information (RDI).

Harel dément favoriser Duceppe

La députée péquiste de Hochelaga-Maisonneuve, Louise Harel, clame pour sa part qu'elle ne participe à aucune tentative pour favoriser l'arrivée de Gilles Duceppe comme chef du Parti québécois.

Vendredi, Le Devoir rapportait que Mme Harel travaillerait en coulisses pour permettre à M. Duceppe de remplacer André Boisclair, sans même la tenue d'une course à la direction.

Mme Harel s'est dite ulcérée par ces allégations. Elle assure qu'elle n'a posé aucun geste en ce sens, et que les interventions qu'on lui prête ne sont pas les siennes.

Elle dit avoir exprimé son opinion et ses convictions sur le sujet « en toute liberté », au sein même des instances du PQ, y compris au caucus des députés. Elle tient à poursuivre les échanges dans ces instances sans personnaliser le débat.

Louise Harel tient également à rappeler qu'elle est une amie de longue date de Gilles Duceppe, et qu'ils sont tous deux capables d'exercer leur libre arbitre « en toute amitié ».

Samedi dernier, le bureau du conseil national du PQ a proposé que le congrès national ait lieu en septembre 2008 plutôt qu'à l'automne 2009, comme le prévoient les statuts du parti. André Boisclair ferait alors face à un vote de confiance. Cette proposition sera débattue lors de la conférence des présidents du PQ, le 26 mai.