•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La mort du protocole de Kyoto

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2007 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'opposition à Ottawa et les environnementalistes critiquent la décision des conservateurs d'établir des cibles de réduction des gaz à effet de serre qui ne respectent pas le protocole de Kyoto. L'Alberta se dit rassurée.

Les critiques de l'opposition se sont fait entendre aussitôt que les conservateurs ont rendu publiques leurs cibles de réduction des gaz à effet de serre.

D'entrée de jeu, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a dénoncé un projet taillé sur mesure pour des intérêts particuliers, au détriment du Québec et de l'environnement.

Le gouvernement a voulu préserver les intérêts de l'industrie des hydrocarbures, des grandes pétrolières en particulier, qui sont les grands gagnants de cette opération.

Gilles Duceppe

Soulignant que le plan n'atteindra pas, et de loin, les cibles prévues par Kyoto, M. Duceppe avertit que les pays respectant le protocole pourraient légitimement imposer une taxe verte aux produits canadiens, ce qui pourrait nuire grandement au secteur manufacturier du Québec et de l'Ontario.

M. Duceppe déplore en outre que non seulement il y ait eu fin de non-recevoir à la création à Montréal d'une Bourse du carbone, mais qu'en plus, le Canada se dote de cibles de réduction basées sur l'intensité des émissions. Cette situation exclura le pays d'un éventuel marché mondial du carbone, car Kyoto demande des cibles absolues de réduction des gaz à effet de serre.

Le chef libéral Stéphane Dion regrette la mollesse des cibles conservatrices. « Le gouvernement conservateur n'a pas présenté un plan. Il laisse les Canadiens en plan. »

Le chef néo-démocrate dénonce pour sa part le fait que les conservateurs s'écartent encore une fois des objectifs de Kyoto. Jack Layton juge que le gouvernement ferait mieux de donner son appui au projet de loi C-30 sur la qualité de l'air, revu et corrigé depuis l'automne dernier par tous les partis d'opposition. À l'instar du Bloc, il met au défi le premier ministre de soumettre son projet à un vote aux Communes.

La réaction de Québec n'a pas tardé elle non plus. La nouvelle ministre de l'Environnement, Line Beauchamp, s'avoue déçue de la timidité du plan conservateur. Selon elle, il est inadmissible que le Canada confirme ainsi « qu'il ne sera pas en mesure de respecter ses engagements internationaux en vertu du protocole de Kyoto ».

Les verts en colère

De leur côté, plusieurs organisations environnementales ont publié un communiqué conjoint. Elles disent regretter que le Canada ne respecte pas ses engagements envers la communauté internationale en vertu du protocole de Kyoto. Les auteurs pensent qu'avec le plan conservateur, les émissions continueront d'augmenter pendant plusieurs années et qu'à cet égard, le Canada fera partie du problème, et non de la solution.

Le Canada se donne le pire objectif de tous les pays industrialisés ayant ratifié le protocole de Kyoto. La Colombie-Britannique fait mieux, le Québec fait mieux, la Californie fait mieux.

Hugo Séguin, d'Équiterre

Équiterre, Nature Québec, Greenpeace, Vivre en ville, Environnement JEUnesse et la RNCREQ appellent donc le gouvernement à exercer un meilleur leadership et à moins se consacrer à la propagande. Ils souhaitent, comme les néo-démocrates, l'adoption du projet de loi C-30 sur la qualité de l'air tel que modifié par l'opposition.

L'industrie et l'Alberta rassurées

Bien que surpris de la sévérité du cadre réglementaire des conservateurs, les magnats du pétrole croient qu'il propose en même temps une flexibilité intéressante et ouvre la porte à la négociation.

Selon le président de la Canadian Pipeline Energy Association, Dave MacInnis, les investisseurs ne devraient pas être découragés par les mesures gouvernementales.

Le premier ministre de l'Alberta abondait dans le même sens. Il estime que les cibles fixées par le fédéral ressemblent beaucoup à celles établies par son propre gouvernement.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.