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Un scénario catastrophe, selon John Baird

Radio-Canada

Le ministre de l'Environnement soutient que le respect intégral des engagements du Canada en matière de réduction des gaz à effet de serre amputerait le PIB de 4,2 % et entraînerait la perte de 275 000 emplois. Des libéraux dénoncent une campagne de peur.

Le ministre canadien de l'Environnement, John Baird, soutient que le respect intégral des objectifs que le Canada doit atteindre en vertu du protocole de Kyoto plongerait le pays dans une grave récession qui se traduirait par la perte de 275 000 emplois d'ici 2009.

Si le gouvernement devait agir de la sorte, affirme-t-il, les Canadiens subiraient de nombreux contrecoups. Par exemple:

  • le PIB du pays chuterait de 4 %;
  • le prix de l'électricité augmenterait de 50 %;
  • le prix de l'essence à la pompe bondirait de 60 %;
  • le coût de chauffage d'une maison alimentée au gaz naturel doublerait;
  • et le revenu réel d'une famille de quatre diminuerait de 4000 $.

M. Baird comparaissait devant le comité sénatorial chargé d'examiner le projet de loi libéral adopté aux Communes sur la mise en oeuvre du protocole. Le ministre appuie ses dires sur une étude intitulée Coût du projet de loi C-288 pour les entreprises et les familles canadiennes, qui a été rédigée par le gouvernement, et dont il a présenté les conclusions jeudi lors d'une comparution mouvementée devant le comité sénatorial.

Des sénateurs libéraux doutent du bien-fondé de ces conclusions, en les qualifiant même de ridicules. Certains n'y voient rien de plus qu'une stratégie destinée à semer la peur dans la population.

Le projet de loi C-288, qui stipule que « le Canada doit honorer ses engagements dans le cadre du protocole de Kyoto et aider à combattre le problème des changements climatiques mondiaux », a été adopté le 14 février à la Chambre des communes, malgré l'opposition des conservateurs.

Il contraint le gouvernement à présenter, dans un délai de 60 jours, une feuille de route détaillant la façon dont il entend s'y prendre pour atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le projet du député libéral Pablo Rodriguez n'a toutefois pas encore été avalisé par le Sénat en troisième lecture, étape nécessaire avant qu'il ne reçoive la sanction royale et entre en vigueur.

Le ministre Baird souligne que les conclusions de l'étude sont approuvées par l'économiste en chef de la banque Toronto Dominion, Don Drummond, et par les professeurs d'économie Jean-Thomas Bernard, de l'Université Laval, Christopher Green, de l'Université McGill et Mark Jaccard, de l'Université Simon Fraser.

Mais M. Rodriguez, qui comparaissait aussi devant le comité, jeudi, a déclaré que les données de M. Drummond étaient ridicules. « Les Canadiens, a-t-il dit aux journalistes, veulent atteindre les objectifs de Kyoto ». « Ce qui est faisable est très faisable sans ces prétendus désastres économiques » , a-t-il ajouté.

L'automne dernier, une étude de l'ancien économiste en chef de la Banque mondiale, Nicholas Stern, affirmait que les coûts pour combattre le réchauffement de la planète étaient gérables et surtout qu'ils étaient beaucoup moins élevés que si rien n'était fait.

En vertu du protocole de Kyoto, que le Canada a ratifié en 2002, le pays doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 6 % par rapport au niveau enregistré en 1990 d'ici 2012.