•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La planète sue

Radio-Canada

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat publie un rapport inquiétant sur le réchauffement climatique. Il dit qu'entre 20 % et 30 % des espèces végétales et animales pourraient disparaître d'ici 2100.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a publié vendredi, à Bruxelles, le deuxième volet de son quatrième rapport, un compte-rendu accablant sur le réchauffement climatique.

Parmi les données les plus troublantes, le rapport prévoit que « 20 % à 30 % des espèces végétales et animales connaîtront un risque croissant d'extinction si les augmentations de la température mondiale dépassent 1,5 à 2,5 degrés Celsius par rapport à 1990 ». En comparaison, la température mondiale a grimpé de 0,74 degré Celsius au cours du dernier siècle.

Les experts prévoient toutefois que la température moyenne augmentera de 1,1 à 6,4 degrés Celsius d'ici 2100, par rapport à 1900. Les scénarios les plus réalistes ramènent toutefois cette hausse à une fourchette entre 2 et 4 degrés.

Si les températures grimpent de plus de 3 degrés, le GIEC estime qu'aucune région du globe ne sera épargnée. Les zones polaires et de faible latitude seront les plus touchées.

Le deuxième volet de ce quatrième rapport se penche sur les impacts du réchauffement. Le volet initial traitait de l'état des connaissances, tandis que le dernier volet, qui sera publié en mai, portera sur les solutions.

Plus pauvres, plus touchés

Les populations pauvres, même celles vivant dans les pays riches, seront les plus touchées par le réchauffement climatique.

« Les plus pauvres sont aussi les moins aptes à s'adapter », a noté le président du GIEC, Rajendra Pachauri.

En Afrique, la sécurité alimentaire et l'approvisionnement en eau seront dangereusement compromis. Entre 80 et 200 millions de personnes supplémentaires seront touchées par la famine d'ici 75 ans. L'agriculture, qui représente jusqu'à 70 % du PIB pour quelques pays, pourrait diminuer de 50 %, dès 2020, en certains endroits du continent.

Pour ce qui est de l'eau, advenant une hausse (très probable) de 2 degrés, 600 millions de personnes viendraient s'ajouter aux 300 millions qui souffrent déjà des conséquences des pénuries. Les extrémités nord et sud du continent seraient les plus touchées.

Le constat est tout aussi désolant en Amérique latine, où la désertification s'étend. D'ici 2050, des dizaines de millions de personnes seront exposées à la famine et à des pénuries d'eau.

L'Amérique centrale et du Sud a d'ailleurs enregistré une hausse de température supérieure à la moyenne planétaire, à 1 degré. Cette chaleur a pour effet de faire disparaître les glaciers andins, une situation « critique », note le GIEC, pour des pays comme la Bolivie, le Pérou, la Colombie et l'Équateur.

Ailleurs dans le monde

En Europe, la partie sud du continent sera touchée par le réchauffement et pourrait vivre d'autres épisodes de chaleur intense. Le nord du continent sera toutefois une des rares régions du globe à profiter des changements climatiques. Parmi les bienfaits, notons des récoltes plus abondantes, des hivers plus doux et des forêts plus étendues.

Mauvaise nouvelle pour les skieurs: le tiers des stations de l'Europe occidentale pourraient fermer avec une éventuelle hausse globale de 2 degrés.

En Asie, la fonte des glaciers himalayens engendrera des inondations, particulièrement en Chine. Dans les deltas les plus populeux, des millions de personnes pourraient être déplacées, advenant une hausse du niveau de la mer.

Le continent asiatique est également en proie à des éboulements de terrain.

Enfin, l'Arctique fait partie des régions polaires jugées « extrêmement vulnérables » au réchauffement. La température y a augmenté deux fois plus rapidement que la moyenne globale.

S'il est difficile d'évaluer la baisse de l'épaisseur des glaces, les experts s'entendent néanmoins pour avancer qu'il y aura disparition de zones d'habitat traditionnels pour de nombreux oiseaux, mammifères et populations. Les ours polaires et les phoques, ainsi que les Inuits, qui en dépendent pour leur nourriture, en subiront les conséquences.